Un spécialiste du terrorisme à la tête du nouveau département de sécurité de l'ONU

13 janvier 2005

Assurer la sécurité de l'ONU sera « une tâche d'une ampleur absolument gigantesque » a estimé le chef du nouveau Département de la sécurité de l'ONU, spécialiste du terrorisme à Scotland Yard, qui entrera en fonctions le 28 février prochain et qui se voit confier pour la première la responsabilité de tous les aspects sécuritaire au sein de l'Organisation.

« Le nouveau chef du Département de la sécurité de l'ONU, David Veness, du Royaume-Uni », est « un des professionnels les plus accomplis dans ce domaine », a affirmé aujourd'hui Louise Fréchette, Vice-Secrétaire générale de l'ONU, lors d'un point avec la presse annonçant la nomination officielle par le Secrétaire général, Kofi Annan.

David Veness est actuellement un haut responsable de la police londonienne après avoir servi à la protection de la famille royale britannique et avoir occupé divers postes de spécialiste du terrorisme au sein de Scotland Yard, a-t-elle expliqué, précisant qu'il entrerait en fonctions le 28 février, Catherine Bertini occupant cette fonction à titre provisoire jusque là.

« A la suite de l'examen approfondi du système de sécurité de l'ONU », qui a conduit à l'adoption de la résolution de l'Assemblée générale qui a créé le Département de la sécurité, « nous avons été très satisfait que les Etats Membres aient accepté la proposition de créer le poste de directeur du nouveau département au niveau de Secrétaire général adjoint », a déclaré Louise Fréchette (voir notre dépêche du 27 décembre 2004).

Elle s'est félicitée de ce que la proposition du Secrétariat, qui prévoit 100 millions de dollars d'augmentation du budget et le recrutement de 700 membres du personnel supplémentaires, ait été approuvée pratiquement sans changement par l'Assemblée générale. « Les Etats Membres ont reconnu que cette réforme était absolument nécessaire » a-t-il souligné.

Le rapport sur les menaces, les défis et le changement du Groupe de personnalité de haut niveau, remis au Secrétaire général le 2 novembre dernier, soulignait que « l'ONU ne pourrait continuer à protéger les civils et aider à mettre fin aux conflits que dans la mesure où la sécurité de son personnel, qui se dégrade depuis le milieu des années 90, serait garantie ». Les auteurs du rapport suggéraient notamment que les Etats Membres aident le Secrétaire général « à mettre en place en 2005 un nouveau système de sécurité du personnel ».

« C'est une augmentation considérable par rapport au personnel actuel », a-t-elle estimé, précisant qu'environ 400 postes avaient déjà été approuvés, dont 249 sur une base permanente.

« Je crois qu'une autre chose très importante dans cette réforme, c'est l'unification des différents services de sécurité », alors qu'ils étaient autrefois séparés « entre la sécurité pour le Siège de New York qui faisait partie du Département de la gestion, le Coordonnateur des Nations Unies pour les questions de sécurité pour les missions sur le terrain et le Département des opérations de maintien de la paix pour la sécurité de ses propres missions ». « Tout cela est maintenant unifié sous la responsabilité de M. Veness », a déclaré Louise Fréchette.

Le nouveau Directeur pour la sécurité a estimé qu'il s'agissait d'une « responsabilité absolument considérable », compte tenu des « efforts absolument gigantesques à accomplir ». Mais il s'agit d'une tâche relativement claire : « soutenir et permettre la mise en oeuvre de la vision de l'ONU, dans toutes ses composantes, en assurant le rôle vital de garantir la sécurité de ceux qui sont au service des Nations Unies et de leur famille, dans 150 pays à travers le monde ».

David Veness a indiqué qu'il espérait « apporter le professionnalisme requis pour faire face aux énormes défis sécuritaires auxquels l'ONU, malheureusement, était confrontée ».

Il a précisé à cet égard que son rôle serait donc d'assurer la sécurité au Siège à New York, mais principalement sur le terrain partout dans le monde.

Interrogé sur la probabilité d'une attaque terroriste à New York et sur la nécessité de maintenir un niveau d'alerte dans les pays occidentaux, David Veness a estimé que « la triste réalité » était que malheureusement il fallait s'attendre à ce que la menace reste d'actualité.

Notre tâche est d'évaluer le risque, notamment par le rassemblement d'informations et de prendre les mesures nécessaires pour que l'activité sur le terrain ne soit pas exposée à des dangers excessifs, a-t-il affirmé. « Mon rôle est d'aider l'Organisation à réaliser un équilibre », a-t-il indiqué, précisant qu'il n'aurait pas de rôle politique ni celui d'une agence de renseignements.

 

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