Les Etats-Unis affirment leur confiance envers Kofi Annan

9 décembre 2004

L'ambassadeur américain John Danforth a exprimé aujourd'hui le soutien des Etats-Unis au Secrétaire général de l'ONU et insisté sur le fait que son gouvernement n'avait « aucun doute sur l'intégrité personnelle » de Kofi Annan, clarifiant ainsi la position de son pays.

« Il est important pour nous, les Etats-Unis, de clarifier notre position : nous ne suggérons ou ne poussons pas à la démission du Secrétaire général », a déclaré John Danforth, qui a constaté que l'approche qu'il avait adoptée jusqu'ici avait été comprise comme dénotant un « manque de soutien au Secrétaire général » et signifiant que « les Etats-Unis souhaitaient forcer sa démission ».

« Nous avons travaillé en très bonne entente avec le Secrétaire général par le passé et nous entendons poursuivre avec lui à l'avenir », a souligné l'ambassadeur des Etats-Unis, précisant que « Kofi Annan était impliqué dans des travaux très importants, par exemple les élections en Iraq, l'élection palestinienne, la question soudanaise dans laquelle il s'est personnellement impliqué puisqu'il était présent à Nairobi et qu'il a été d'une grande assistance ».

« Personne, à ma connaissance, n'a jeté de doutes sur l'intégrité personnelle du Secrétaire général, personne », a insisté John Danforth. « Nous n'en avons certainement aucun ».

« Il n'y a donc pas de 'message secret' du Gouvernement des Etats-Unis sur le fait que l'on utiliserait tout cela pour faire partir le Secrétaire général » a-t-il affirmé.

Répondant à un journaliste qui lui demandait pourquoi intervenir aujourd'hui alors que la campagne contre Kofi Annan dure déjà depuis plusieurs jours, John Danforth a précisé « qu'il n'avait probablement pas bien mesuré le problème, mais que plusieurs de ses collègues lui avaient fait remarquer que le message qu'il envoyait pouvait être interprété comme un défaut de soutien ».

A un membre de la presse qui lui demandait : « Soutenez-vous le Secrétaire général ? » et « Quelle est l'opinion des Etats-Unis sur ses performances à l'heure actuelle ? », John Danforth a répondu : « le Secrétaire général a fait du bon travail et il continue à le faire ».

Interrogé sur la signification du message d'aujourd'hui et sur le point de savoir s'il constituait un ralliement au soutien exprimé depuis plusieurs jours par de nombreuses délégations du monde, John Danforth a affirmé : « nous exprimons notre confiance dans le Secrétaire général et dans la poursuite de son mandat ».

« Nous indiquons aussi qu'il existe un nuage au dessus de l'ONU » et qu'il faut le clarifier.

L'ambassadeur des Etats-Unis a précisé par ailleurs que « l'enquête sur le programme 'pétrole contre nourriture', dont certains pensent qu'elle est l'occasion de procéder à une revue des procédures de l'ONU », était une enquête pénale, et devait porter sur l'existence de fraude et de corruption.

Les Etats-Unis estiment « qu'il est essentiel de mener une investigation objective, approfondie et sans préjugés quant à son résultat ainsi que d'obtenir une coopération totale » dans cette enquête - non seulement celle conduite par M. Volcker mais également avec les enquêtes menées par la Congrès des Etats-Unis.

Répondant par ailleurs à une question concernant Kojo Annan, John Danforth a rappelé que le fils de Kofi Annan « était un adulte » et qu'il existait une distinction tranchée entre un enfant adulte et un parent.

Interrogé à plusieurs reprises ces deux dernières semaines sur la positions des Etats-Unis, l'ambassadeur Danforth s'était limité à affirmer « qu'il fallait que l'enquête continue » sans préjugés.

« La position de base aux Etats-Unis est de ne pas présumer de la culpabilité », a-t-il précisé aujourd'hui.

Hier, lors de sa présentation du rapport sur la réforme de l'ONU à l'Assemblée générale, Kofi Annan avait été acclamé par les représentants des 191 Etats Membres qui se sont levés pour l'occasion, dans une manifestation de soutien exceptionnelle à l'ONU (voir notre dépêche du 8 décembre 2004).

Cette manifestation de soutien venait corroborer celles de l'Union africaine (voir notre dépêche du 7 décembre), du personnel de l'ONU (voir notre dépêche du 1er décembre) ainsi que des ambassadeurs de la France et de l'Allemagne (voir notre dépêche du 2 décembre 2004), du Président du Conseil de sécurité, l'ambassadeur de l'Algérie, de l'ambassadeur de l'Espagne et de l'ambassadeur des Pays-Bas (voir la retransmission de son intervention, vendredi 3 décembre).

 

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