'Du changement' et de l'évolution vers la clarté à l'ONU selon Kofi Annan

'Du changement' et de l'évolution vers la clarté à l'ONU selon Kofi Annan

media:entermedia_image:dfb1e79b-84ad-46d6-be1d-702c6a8e130a
De l'obscurité, « nous devrions tous émerger bientôt vers un monde plus sûr », a déclaré Kofi Annan à la cérémonie de l'Association des correspondants de presse réunie à l'ONU, qui lui a permis, sur le ton de la métaphore et de l'humour, de rappeler les espoirs placés dans le changement au sein de l'Organisation et de donner rendez-vous à l'année prochaine pour la fin de son second mandat.

« Vous serez heureux d'apprendre que ce soir, j'ai décidé d'abandonner... tout souci et de passer une bonne soirée » a déclaré le Secrétaire général, Kofi Annan, devant les membres de l'Association des correspondants de presse à l'ONU, réunis pour une cérémonie annuelle organisée au Siège de l'Organisation, à New York, le 3 décembre dernier, qui est traditionnellement une occasion de décerner des prix dans le domaine du journalisme.

Constatant l'absence de l'actrice Nicole Kidman, qui joue le rôle d'une interprète dans un film récemment tourné à l'ONU, Kofi Annan s'est exclamé « En tant qu'interprète d'un pays africain, je peux comprendre pourquoi elle aurait besoin de vacances ».

Lors de cette cérémonie, Nicole Kidman s'est vue décerner, selon les informations parues dans la presse, le prix de «Citoyenne du monde », en honneur à Sergio Vieira de Mello, Haut Commissaire aux Droits de l'homme et Envoyé du Secrétaire général en Iraq, mort dans l'attentat contre l'ONU du 19 août 2003 à Bagdad.

« Après plus de 40 années passées au sein du système, il y a encore des moments où le jargon de l'ONU est pour moi du chinois. Et je suis sûr que les membres de la presse à l'ONU seront les premiers d'accord avec moi », a déclaré Kofi Annan.

Apostrophant Lakhdar [Brahimi], son Conseiller personnel qui a rempli ses missions notamment en Afghanistan puis en Iraq, le Secrétaire général a déclaré : « Lakhdar, mon compatriote africain, je suis sûr que vous pouvez aussi vous identifier à cela. Vous êtes ce que je décrirais comme notre Interprète du chaos vers la clarté », déplorant que « même avec ses explications lucides, certains aient encore du mal à suivre ».

S'adressant ensuite à Hans [Blix], l'ancien chef de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations Unies (CCVINU), responsable des enquêtes sur le programme d'armement de l'Iraq, Kofi Annan a rendu hommage à son travail qui a permis de « donner un sens nouveau au terme d'armes de destruction massive, dont l'acronyme anglais WMD [weapons of mass destruction] signifierait en réalité « la suédoise la plus dangereuse du monde », en référence au pays d'origine de Nane Annan, l'épouse du Secrétaire général.

Se tournant enfin vers Tony Jenkins, le Président de l'association des correspondants, Kofi Annan a déclaré : « D'après ce que je sais, vous terminez bientôt votre second mandat ? et vous n'en solliciterez pas de troisième ! (au moins nous avons cela en commun) ».

Si certains pensent que l'on retrouve sans cesse à l'ONU « le même travail, le même environnement, le même bon vieux système et toujours la même histoire », le Secrétaire général a rappelé qu'il avait réagi en nommant le Groupe de personnalités de haut niveau sur l'ONU et les nouvelles menaces, qui lui a officiellement rendu son rapport le 2 décembre 2004 (sur le contenu du rapport et de ses recommandations, voir nos dépêches du 2 décembre, du 1er décembre et du 30 novembre).

« Maintenant que vous avez vu leur rapport, j'espère que vous comprendrez tous pourquoi j'ai donné à ce groupe le nom grandiose de Groupe de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement. Avec un rapport aussi pesant, nous devrions tous nous sentir suffisamment menacés, défiés et sur le point de changer », a-t-il déclaré, avant de s'interroger sur le « nombre d'experts qu'il fallait à l'ONU pour changer une ampoule ».

« Il en faudrait en principe un seul, mais l'ampoule doit vraiment avoir envie de changer » a-t-il avancé, précisé que « puisque le changement n'est pas toujours présent dans cette Organisation, la réponse pourrait être : un pour tenir l'ampoule, un autre pour voyager de capitale en capitale, pour les persuader de sortir de l'obscurité et d'accepter le changement ».

« Mais cela voudrait dire que nous avons oublié quelque chose de très important », a-t-il souligné, identifiant six personnes dont « cinq pour opposer un veto à tout changement inapproprié d'ampoule », ce qui ne résout pas la « question linguistique » des interprètes, puis des troïkas de représentants des groupes régionaux, ce qui nous amène à 16, « c'est-à-dire le nombre d'experts composant le Groupe », a calculé le Secrétaire général.

« 'Flash d'actualités', Mesdames et Messieurs, l'ampoule est en train d'être changée », s'est exclamé Kofi Annan, avant d'ajouter que de l'obscurité « nous devrions tous bientôt émerger vers un monde plus sûr ».

« Retrouvons-nous dans un an - ou dans trois, si vous aviez l'obligeance de me réinviter après mon départ à la retraite », a conclu Kofi Annan.