La Francophonie, exemple de la force conférée par la diversité, souligne Kofi Annan

26 novembre 2004

« Loin d'être un problème, la diversité est une force » a déclaré le Secrétaire général au Sommet de la Francophonie réuni au Burkina Faso, appelant l'Afrique, « qui a bien d'autres problèmes à résoudre », à retrouver le chemin de la paix et la Francophonie à soutenir une « conception partagée de la sécurité collective » dans le cadre de la réforme de l'ONU et de la lutte pour les Objectifs du Millénaire pour le développement.

« Alors que la mondialisation de l'économie s'accélère et que l'écart entre les riches et les pauvres s'accroît, ce sommet rappelle à point nommé l'importance de la solidarité, et j'applaudis […] la volonté de faire de la Francophonie un espace solidaire pour un développement durable », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU à l'occasion du 10ème Sommet de la Francophonie qui s'est ouvert aujourd'hui à Ouagadougou, au Burkina Faso,

« La Francophonie a un rôle important en inspirant par son exemple cette unité que nous cherchons », a déclaré Kofi Annan, dans un message lu par son Représentant spécial pour la région des Grands Lacs, Ibrahima Fall, ajoutant : « Vous avez su montrer que, loin d'être un problème, la diversité est une force ».

Soulignant que « l'humanité ne peut espérer avancer en se privant de la contribution des millions d'êtres humains dans le monde qui sont réduits à la misère, victimes de crises récurrentes et oubliées de la modernité », Kofi Annan a rappelé que le cadre pour répondre à ces défis existait déjà avec l'adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement.

« Des progrès ont été réalisés dans plusieurs régions, mais d'autres, comme l'Afrique sub-saharienne auront besoin d'une aide spéciale pour sortir du cercle vicieux de la pauvreté », a précisé le Secrétaire général, pour qui « il est clair que l'effort consenti jusqu'à présent n'est pas à la mesure des enjeux ».

Alors que les « pays riches ont promis d'aider les pays pauvres qui réalisent des réformes », et qu'ils doivent « tenir leurs promesses », ces mesures, « aussi nécessaires qu'elles soient, ne peuvent remplacer la volonté de changement des gouvernements et des populations ni se substituer aux capacités nationales », a estimé le Secrétaire général.

« Il faut [aussi] que la société tout entière s'engage clairement en faveur de la paix, de la démocratie et de la justice. Dans trop de pays, sur ce continent notamment, les conflits armés et les violations des droits de l'homme causent d'effroyables souffrances et sont un obstacle majeur au développement », a déclaré Kofi Annan.

« J'exhorte toutes les parties en conflit, en Côte d'Ivoire, au Soudan et ailleurs à faire preuve d'un sens élevé des responsabilités à l'égard de leurs peuples. L'Afrique ne peut se permettre de se déchirer. Elle a bien d'autres problèmes à résoudre », a-t-il affirmé.

« Les pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, parmi lesquels plusieurs pays francophones ici présents, semblent l'avoir compris, si j'en juge parmi les résultats encourageants de leur premier sommet tenu à Dar-es-Salaam [voir notre dépêche du 19 novembre 2004].

Mais nous ne pouvons pas nous contenter de lueurs d'espoir ici et là. Nous devons instaurer une paix durable sur tout le continent, a souligné Kofi Annan, qui a engagé les pays francophones « à montrer l'exemple en renforçant leur coopération dans les domaines de la prévention des conflits et du rétablissement de la paix, en encourageant partout le respect de l'Etat de droit, de la démocratie et de la bonne gouvernance ».

Le Secrétaire général a rappelé par ailleurs que 2005 serait l'année d'un « rendez-vous très important, en septembre à New York, pour évaluer les progrès accomplis depuis l'adoption de la Déclaration du Millénaire ».

« Ce sera aussi l'occasion de s'unir autour d'une conception partagée de la sécurité collective », celui sur lequel est fondé la Charte des Nations Unies ayant « utilement servi l'humanité » mais devant être « actualisé si l'on veut qu'il aide à écarter les nouvelles menaces auxquelles nous sommes confrontés », a-t-il affirmé.

« Pour cela, il faut une appréciation commune de la nature de ces menaces, et une certaine communauté d'idées sur les principes à appliquer pour les combattre », a déclaré le Secrétaire général, pour qui ce sera l'occasion également de prendre des décisions pour revitaliser l'ONU - le rapport qu'il a demandé au groupe de personnalité de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement qui doit bientôt lui être remis pouvant ainsi guider les Etats en ce domaine.

« Cela signifie, entre autres choses, revitaliser les principaux organes de l'Organisation – y compris le Conseil de sécurité, dont la composition correspond à un monde depuis longtemps révolu », a affirmé le Secrétaire général.

 

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