De l'uranium faiblement enrichi pour les réacteurs de recherche, propose l'AIEA

16 novembre 2004

Une décennie sera nécessaire pour convertir les réacteurs nucléaires civils de recherche avant qu'ils puissent utiliser un combustible faiblement enrichi au lieu de l'uranium pouvant servir à la fabrication d'armes utilisé actuellement, annonce l'agence de l'ONU pour l'énergie atomique, qui préconise un contrôle de l'uranium enrichi pour lutter contre la prolifération et le terrorisme nucléaire.

Une bonne décennie sera nécessaire pour convertir tous les réacteurs nucléaires civils de recherche afin qu'ils puissent utiliser un combustible qui pose un risque plus faible de prolifération, indique un communiqué (en anglais) de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA.

Les réacteurs expérimentaux et de recherche civils servent notamment à la formation, au test de matériaux et à la production d'isotopes radioactifs pour la médecine et l'industrie, informe l'AIEA.

« Une des plus grandes difficultés est de développer les types d'uranium adéquats pouvant servir de combustible dans ces réacteurs », indique l'agence, qui précise que plus de 60 d'entre eux utilisent encore un uranium hautement enrichi de type militaire et doivent être convertis dans les dix prochaines années.

Cette question a fait l'objet d'une conférence internationale sur la réduction de l'enrichissement pour les réacteurs expérimentaux et de recherche, qui s'est tenue à Vienne du 8 au 11 novembre 2004, laquelle a notamment porté sur les programmes nationaux et internationaux de recherche dans ce domaine.

« Le but est de convertir tous les réacteurs de recherche à l'uranium faiblement enrichi (LEU selon son acronyme anglais) d'ici à 2013 », a déclaré Armando Travelli, responsable du programme au Laboratoire national d'Argonne, aux Etats-Unis.

« Les industriels et laboratoires nationaux ont développé des types de combustibles LEU pouvant être utilisés dans la plupart des réacteurs de recherche dans le monde, tandis que d'autres, qui utilisent un combustible de très haute densité », sont encore à l'étude, a déclaré pour sa part Pablo Adelfang, un ingénieur du Département de l'énergie atomique de l'AIEA.

Selon l'agence de l'ONU, 31 réacteurs ont déjà été convertis totalement, et sept partiellement.

Le 8 novembre dernier, le directeur de l'AIEA avait mis en garde contre la menace du terrorisme nucléaire qui demeure « réelle et présente », préconisant notamment un meilleur contrôle de la production d'uranium enrichi et du retraitement du plutonium et une réaction rapide au non-respect des engagements pris (voir notre dépêche du 8 novembre 2004).

 

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