Côte d'Ivoire : la Mission de l'ONU aide à l'évacuation de centaines de personnes

10 novembre 2004

L'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire a apporté son aide à quelques 600 personnes cherchant à quitter le pays, s'apprête à envoyer une unité enquêter dans la ville natale du Président Gbagbo où auraient lieu des violences interethniques tandis que les messages d'incitation à la haine, notamment anti-français, se poursuivent à la radiotélévision nationale.

Alors que la Mission de l'ONU continue à accueillir et à protéger les nouveaux venus qui cherchent refuge dans ses locaux, les Casques bleus aident également à l'évacuation de ceux qui cherchent à quitter le pays, a indiqué aujourd'hui le porte-parole de l'ONU, Fred Eckhard, lors du point de presse quotidien organisé à New York.

Les soldats de l'ONU ont jusqu'à présent fourni une escorte à 400 personnes, non membres du personnel des Nations Unies, de façon à ce qu'elles puissent être prises en charge en vue de leur évacuation. Ils ont également escorté 150 Canadiens, 40 Espagnols et un nombre indéterminé de Marocains cherchant à quitter le pays.

La Mission de l'ONU (Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire, l'ONUCI) signale également que des actes de violence interethnique ont lieu à Gagnoa, la ville natale du Président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, a indiqué Fred Eckhard qui a précisé que les forces internationales n'avaient jusqu'alors pas eu accès à la ville.

Il a ajouté que l'ONUCI n'était pas en mesure de confirmer qu'il y ait eu des morts ni leur nombre mais indique que l'ethnie locale Bété et les groupes ethniques qui soutiennent Laurent Gbagbo s'en prennent aux Dioulas.

Ces derniers sont originaires du Nord du pays mais se sont établis à Gagnoa, il y a des décennies si ce n'est des siècles, a précisé Fred Eckhard qui a ajouté que des instructions avaient été données aujourd'hui de telle sorte qu'une unité de Casques bleus puissent se rendre à Gagnoa et rendre compte de leurs investigations sur place.

La situation à Abidjan est plus calme, le nombre des manifestants présents dans les rues moins nombreux. Un semblant d'activités a repris avec quelques bus en circulation et quelques magasins ouverts, indique la Mission.

En revanche la situation à Bouaké devient grave. « L'alimentation en eau et en électricité doit être rétablie », a déclaré Fred Eckhard.

Quant aux messages d'incitation à la haine, il a indiqué qu'ils se poursuivaient et désormais dans les différentes langues locales. Les messages anti-français se poursuivent avec la même intensité sur les ondes de la radio et de la télévision publique tandis que la radio FM de l'ONUCI diffuse sans discontinuer.

 

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