Nucléaire en Iraq, Iran et Libye : les leçons tirées par le chef de l'AIEA

1 novembre 2004
Mohamed ElBaradei

Les inspections et le dialogue sont des outils efficaces dans la lutte contre la prolifération nucléaire, a déclaré aujourd'hui le chef de l'agence de l'ONU pour l'énergie atomique, se référant notamment aux enseignements à tirer a posteriori de la crise iraquienne tandis que les cas de l'Iran et celui de la Libye montrent clairement, selon lui, l'impuissance des systèmes actuels de contrôle à l'exportation à endiguer le trafic de produits nucléaires.

Les inspections et le dialogue sont des outils efficaces dans la lutte contre la prolifération nucléaire, a déclaré aujourd'hui le chef de l'agence de l'ONU pour l'énergie atomique, se référant notamment aux enseignements à tirer a posteriori de la crise iraquienne tandis que les cas de l'Iran et celui de la Libye montrent clairement, selon lui, l'impuissance des systèmes actuels de contrôle à l'exportation à endiguer le trafic de produits nucléaires.

« Les activités d'enrichissement de l'uranium en Iran, leur ampleur et leur nature restent une question centrale dans notre compréhension du programme nucléaire iranien », a déclaré aujourd'hui le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed El Baradei, qui s'exprimait devant l'Assemblée générale de l'ONU réunie en séance plénière.

Il a toutefois ajouté que des investigations complémentaires étaient en cours et qu'il pensait pouvoir être en mesure de fournir un rapport complet au Conseil des gouverneurs de l'agence, plus tard pendant le mois en cours.

« J'ai continué à insister auprès de l'Iran pour lui transmettre que, à la lumière des graves préoccupations internationales entourant son programme nucléaire, elle devait faire son possible pour restaurer la confiance par l'adoption de mesures volontaires », a déclaré Mohamed El Baradei.

Il a rappelé que l'Iran était revenue sur certaines des mesures de suspension volontaires de toutes ses activités liées à l'enrichissement et au retraitement de l'uranium, mesures prises en novembre l'an dernier, à la demande du Conseil des Gouverneurs de l'AIEA. Les Gouverneurs avaient alors réitéré leur demande.

« J'ai demandé à l'Iran de mener une politique de transparence maximum afin que nous puissions parvenir à un règlement des questions en suspens et avec le temps apporter à la communauté internationale les garanties qu'elle réclame », a également indiqué le directeur de l'agence.

Il avait auparavant indiqué que la coopération de l'Iran s'était récemment considérablement améliorée et que les inspecteurs de l'AIEA avaient pu accéder aux sites de leur choix et que l'Iran avait fourni l'information requise par l'agence, même si, dans quelques cas, la réponse avait encore été lente.

A propos de l'Iraq, Mohamed El Baradei a souligné que le mandat confié à l'agence par différentes résolutions du Conseil de sécurité restait toujours valide. Il a rappelé que la résolution 1546 de juin 2004 réaffirmait notamment l'intention du Conseil d'examiner à nouveau cette question et souhaité que celui-ci donne prochainement son avis sur l'avenir de ce mandat.

Il a insisté sur l'importance de refermer une fois pour toutes et le plus rapidement possible le dossier des armes de destruction en Iraq et, en ce qui concerne l'agence, de reprendre, dès que les conditions de sécurité le permettraient, des activités de vérification et de contrôle en Iraq qu'il a qualifiées de « nécessaires »,

« Comme je l'indiquais devant vous l'an dernier », a fait observer le chef de l'AIEA, « au moment où il a été demandé en mars 2003 à l'agence de cesser les activités de vérification en Iraq dont l'avait chargé le Conseil de sécurité, nous n'avions trouvé aucune preuve d'une reprise des activités nucléaires prohibées au titre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. »

« Il est naturellement rassurant pour la communauté internationale que ces conclusions aient été depuis lors validées », a-t-il ajouté.

Quant à la République populaire démocratique de Corée, le directeur général de l'AIEA a fait état d'une situation inchangée, l'agence n'ayant pu effectuer de vérifications dans le pays depuis décembre 2002. « Nous continuons à mettre l'accent sur la nécessité d'un règlement global de la crise coréenne à travers un dialogue qui prendrait en compte toutes les questions sous-jacentes », a-t-il déclaré.

De façon générale, de tous les enseignements tirés par l'AIEA de son expérience récente en matière de vérifications de programmes nucléaires non déclarés, « la leçon peut-être la plus importante est que les vérifications et la diplomatie, quand elles sont menées de front, peuvent être efficaces ».

« L'expérience iraquienne a montré que les inspections, même si elles requièrent du temps et de la patience, peuvent être efficaces même quand le pays soumis aux inspections est loin d'apporter une coopération active », a-t-il fait observer.

En revanche, la « leçon perturbante » émergeant du travail de l'AIEA en Iran et en Libye est de constater l'existence d'un marché illégal de fournitures de produits nucléaires, « un marché prospère en raison de l'importance de la demande, ce qui met en évidence, pour Mohamed El-Baradei, « l'évidence inadéquation du système actuel de contrôles à l'exportation. »

 

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