Le gagnant des élections est d'ores et déjà le Kosovo, selon le chef de la Mission de l'ONU

24 octobre 2004

Au lendemain des élections au Kosovo, «les grands gagnants sont les électeurs qui se sont déplacés en grand nombre pour voter pour leur avenir», estime le chef de la Mission de l'ONU qui attend que les partis politiques se mettent rapidement au travail, écoutant le message des Albanais du Kosovo mais aussi des Serbes minoritaires, qui ont peu voté malgré les appels lancés par la communauté internationale mais sur lesquels il s'est refusé à jeter l'anathème.

Au lendemain des élections au Kosovo, « les grands gagnants sont les électeurs qui se sont déplacés en grand nombre pour voter pour leur avenir », estime le chef de la Mission de l'ONU qui attend que les partis politiques se mettent rapidement au travail, écoutant le message des Albanais du Kosovo mais aussi des Serbes minoritaires, qui ont peu voté malgré les appels lancés par la communauté internationale mais sur lesquels il s'est refusé à jeter l'anathème.

« Je peux déjà confirmer que bien que l'on soit encore en train de compter, il y a déjà clairement des gagnants » a déclaré aujourd'hui Søren Jessen-Petersen, le Représentant spécial et chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), lors d'une visite au centre des élections du Kosovo, à l'occasion des élections qui pour la première fois devront permettre à la population d'élire leurs représentants à l'Assemblée des institutions provisoires du Kosovo.

« Les grands gagnants sont les électeurs qui se sont déplacés en nombre hier pour voter pour leur avenir. Parmi les gagnants se trouvent aussi la Commission électorale centrale, qui organisé pour la première fois des élections, de façon exceptionnelle », a déclaré Søren Jessen-Petersen qui y a ajouté « les forces de sécurité la KFOR, la MINUK, le SPK et, encore une fois, les citoyens, tous ceux qui ont contribué à des élections très calmes et pacifiques, à de bonnes élections ».

« Pour moi le gagnant d'ores et déjà est le Kosovo », a-t-il affirmé.

Pour le Représentant spécial, qui s'est dit « très rassuré » par le déroulement du processus, qui s'est déroulé de façon très professionnelle et sophistiquée, il faut maintenant regarder vers l'avenir.

« Dès que nous aurons les résultats, j'espère tout d'abord que les partis politiques accepteront les résultats sans discuter et qu'ils se mettront au travail », a affirmé le Représentant spécial, qui entend par là deux choses.

En premier lieu, « les partis politiques qui représentent les Albanais du Kosovo doivent entendre le message des électeurs et agir » en conséquence.

Précisant que « partout où il avait été », les électeurs lui avaient déclaré attendre de leurs représentants élus « un meilleur avenir », c'est à dire « une économie plus performante, de meilleures conditions de vie, des emplois », Søren Jessen-Petersen a souligné que lorsqu'il demandait « si les politiciens avaient répondu aux promesses par le passé, la réponse était « non, mais nous leur donnerons une autre chance ».

« Je pense que le message des kosovars albanais est très clair » a estimé le Représentant spécial.

« Mais il est tout aussi important d'écouter la voix des minorités, en particulier celle des Serbes du Kosovo », a déclaré Søren Jessen-Petersen, visant ainsi « la voix de ceux, peu nombreux, qui ont voté, mais aussi la voix de ceux, nombreux, qui soi ont décidé de ne pas voter, probablement pour de bonnes raisons ou de ceux qui ont eu trop peur de voter ».

« Eux aussi ont des préoccupations », a-t-il noté, liés « à la mise en ?uvre des Normes », c'est à dire l'ensemble de critères à satisfaire avant que ne s'engagent les négociations avec Belgrade sur le statut final du Kosovo, « à l'état de droit, à la protection des minorités et à la décentralisation ».

« Il est important que nous écoutions leurs préoccupations. Surtout il est important à présent de rassembler les partis, de la majorité comme des minorités, dans un dialogue constructif », a souligné Søren Jessen-Petersen, précisant « qu'il n'y avait pas beaucoup de temps ».

Le 18 octobre dernier, Søren Jessen-Petersen avait félicité l'encouragement lancé aux Serbes du Kosovo par le président serbe Boris Tadic et dénoncé « ceux qui s'efforçaient de dissuader les Serbes du Kosovo de voter lors des élections parlementaires du 23 octobre, les accusant de faire passer leurs intérêts propres avant ceux de leur communauté et appelant tous les dirigeants responsables à les 'isoler' » (voir notre dépêche du 18 octobre).

Cette déclaration avait été suivie, le 21 octobre, de celles de Javier Solana, Haut Commissaire européen, qui estimait que « du succès des élections parlementaires dépendait le rapprochement avec l'Europe » et du Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.

Interrogé par un membre des médias sur la rapidité avec laquelle serait constitué le nouveau gouvernement, le Représentant spécial a souligné qu'il était « absolument convaincu de que les partis politiques comprenaient l'urgence de la question » et qu'il existait un plan clair et bien établi pour la marche à suivre.

« Ils savent que l'on ne dispose pas de beaucoup de temps » et surtout « ils doivent reconnaître le nombre si important d'électeurs qui se sont déplacés ».

« Je pense que le message est clair et je serais très étonné que les partis politiques ne le comprennent pas », a conclu Søren Jessen-Petersen.

 

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