Réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur la situation à Gaza

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur la situation à Gaza

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Réuni en urgence cet après-midi à la demande du Groupe arabe et de la Ligue des Etats arabes, le Conseil de sécurité a débattu de la situation à Gaza alors qu'il était saisi d'un projet de résolution présenté par l'Algérie réclamant l'arrêt des opérations lancées par Israël dans le Nord du territoire, ce à quoi l'ambassadeur israélien a répondu en se référant aux 460 roquettes tirées « en toute impunité » depuis Gaza, des tirs qui ont, selon lui, pour objectif d'empêcher le retrait d'Israël de Gaza.

Pour l'ambassadeur de l'Algérie, Abdallah Baali, qui présentait, au cours de cette séance réunie en urgence, le projet de résolution émanant du Groupe arabe, il y va de la crédibilité du Conseil d'exiger d'Israël l'arrêt immédiat de ses opérations à Gaza, le retrait de ses troupes et le respect des résolutions du Conseil de sécurité et des normes du droit international humanitaire.

L'ambassadeur Baali a également déclaré que le Conseil de sécurité se devait d'exiger d'Israël de cesser sa politique d'exécutions sommaires et de destructions de maisons et qu'il respecte ses engagements au titre de la Feuille de route.

Après avoir condamné « vigoureusement les crimes abominables commis aujourd'hui dans la bande de Gaza » et « réitéré sa pleine solidarité avec le peuple palestinien », le représentant a appelé tous les États membres à soutenir le projet de résolution que son pays présentait au Conseil de sécurité, au nom du Groupe arabe.

Il s'agit là, a-t-il affirmé, « d'un projet équilibré inspiré par l'urgence et la gravité de la situation et appelant essentiellement à la cessation des opérations militaires dans la bande de Gaza. » L'ambassadeur a poursuivi en indiquant que ce texte visait également à mettre un terme au cycle de violence et de la contre-violence, offrant ainsi « à la sagesse une chance de prévaloir » et aux parties d'honorer leurs obligations vis-à-vis de la Feuille de route.

Quant à l'Observateur permanent de la Palestine, Nasser Al-Kidwa, il a accusé Israël d'avoir engagé une politique de terrorisme d'État contre le peuple palestinien. Les forces d'occupation ont tué 83 Palestiniens dont 20 enfants de moins de huit ans au cours de ces six derniers jours, a-t-il indiqué, faisant également état de dégâts matériels considérables et précisant que l'essentiel des pertes s'étaient produites avec l'invasion de la partie Nord de Gaza par plus de 2 000 soldats et 100 chars israéliens soutenus par des hélicoptères d'assaut.

L'Observateur a salué la réactivité du Conseil à la demande du Groupe arabe et a souhaité qu'il se prononce le plus rapidement possible sur le projet de résolution qui lui a été présenté. A propos des affirmations d'Israël selon lesquelles le lancement de roquettes avait entraîné la mort de deux enfants israéliens, ce qu'il a réfuté, Nasser Al-Kidwa exprimé ses regrets à l'égard de toute perte de vies civiles et a rappelé que l'Autorité palestinienne avait demandé la cessation de tels actes.

Pour l'ambassadeur d'Israël, Dan Gillerman, ce sont bien des roquettes Qassam qui ont tué, le 29 septembre dernier dans leur maison de Sdérot, au sud d'Israël, deux enfants israéliens âgés de deux et quatre ans. Et c'est bien l'organisation palestinienne Hamas qui a revendiqué cet attentat.

Il a à son tour dénoncé le terrorisme ainsi exercé, le dernier épisode d'une longue série d'actes terroristes ayant pris pour cible des civils innocents et les communautés voisines de la ville de Sdérot, a-t-il déclaré.

Ces attaques à la roquette sont utilisées, comme d'autres actes de terreur palestiniens, dans l'intention de tuer et de blesser le plus grand nombre de civils possible, a-t-il affirmé, ajoutant que plus de 460 roquettes Qassam avaient été tirées contre la population israélienne.

L'ambassadeur israélien a affirmé que les groupes terroristes agissaient en toute liberté et impunité depuis les territoires palestiniens occupés, qu'ils avaient même l'intention d'intensifier leurs campagnes à l'aide d'armes de plus en plus sophistiquées, le Hamas développant actuellement une version de la roquette Qassam 4 et, ayant annoncé son intention de poursuivre ces attaques.

Israël a l'intention de se retirer de la bande de Gaza, a affirmé M. Gillerman, ajoutant que les tirs de roquettes Qassam cherchaient à remettre en cause ce plan de retrait.

Le Conseil s'est séparé après que son Président, l'ambassadeur du Royaume-Uni, Emyr Jones Parry, a annoncé que le Conseil allait étudier le projet de résolution dès demain dans le cadre de consultations à huis clos.