L'amélioration de « L'état de la population mondiale » menacée par manque de fonds

15 septembre 2004

Des ressources financières insuffisantes, à hauteur de 50% des engagements pris, mettent en danger les programmes de réduction de la mortalité maternelle, de prévention du sida et protection des droits en matière de reproduction, indique « L'état de la population mondiale 2004 », le rapport annuel de l'agence de l'ONU pour la population.

Des ressources financières insuffisantes à hauteur de 50% des engagements pris mettent en danger les programmes de réduction de la mortalité maternelle, de prévention du sida et protection des droits en matière de reproduction, indique « L'état de la population mondiale 2004 », le rapport annuel de l'agence de l'ONU pour la population.

L'insuffisance des fonds provenant des pays donateurs, « qui sont bien en deçà de leurs engagements », sape les efforts menés pour réduire la mortalité maternelle, prévenir le virus du sida et garantir les droits en matière de reproduction, selon le Fonds des Nations unies pour la population, l'UNFPA selon son acronyme anglais, qui a présenté aujourd'hui et simultanément à Londres, New York et Washington, les conclusions de son rapport annuel.

Le rapport, qui s'intitule cette année « Le Consensus du Caire, dix ans après : la population, la santé en matière de reproduction et l'effort mondial pour éliminer la pauvreté », examine les progrès réalisés et les obstacles rencontrés par les pays depuis l'adoption, en 1994, du Programme d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) qui a eu lieu dans la capitale égyptienne.

Ce Programme d'action, échelonné sur 20 ans et adopté par 179 pays, s'était fixé des objectifs tels que l'accès universel aux soins de santé en matière de reproduction d'ici à 2015, l'affranchissement de la femme, le respect des droits de la personne, la réduction de la pauvreté, la protection de l'environnement et le développement durable.

Ce rapport note que des gains importants ont été enregistrés depuis 1994. La plupart des pays ont intégré les problèmes de population dans leurs stratégies de développement. Les 151 pays en développement, sur lesquels a porté l'enquête de l'UNFPA, ont presque tous adopté des lois ou mesures diverses pour protéger les droits des filles et des femmes. Plus de 130 pays ont changé leurs politiques, lois ou institutions pour reconnaître les droits en matière de reproduction.

Pourtant, souligne le rapport, les progrès ont été inégaux et d'immenses problèmes continuent de se poser. Plus de 350 millions de couples n'ont toujours pas accès à une gamme complète de services de planification familiale. Plus de 500 000 femmes meurent chaque année de complications liées à la grossesse. En 2003, 3 millions de personnes sont mortes du sida et 5 millions environ ont été infectées par le virus, la moitié d'entre elles appartenant au groupe d'âge des15-24 ans.

« Face à ces tâches redoutables, la réponse de la communauté internationale a été inadéquate », affirme le rapport. Les pays donateurs ne fournissent que la moitié environ du montant auquel ils s'étaient engagés pour appliquer le Programme d'action soit 3,1 milliards de dollars par an au lieu des 6,1 milliards par an promis pour 2005.

La part des donateurs finançant la mise à disposition des contraceptifs et des préservatifs nécessaires à la prévention du sida a baissé au cours des dix dernières années alors que les prévisions tablent sur une augmentation de la demande de 40 % d'ici à 2015.

Le rapport rappelle qu'une mise en oeuvre complète du Programme d'action de la CIPD est indispensable à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement qui prévoient l'adoption de mesures propres à faire baisser de moitié l'extrême pauvreté et la faim d'ici à 2015, à réduire la mortalité maternelle et à enrayer la pandémie du sida.