Des forces requises d'urgence pour permettre à l'ONU de travailler en Iraq

14 septembre 2004

Dans un exposé au Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq a demandé le déploiement immédiat de forces de sécurité spéciales pour protéger la mission de l'ONU dans le pays, dont les activités sont indispensables à la transition politique, et a condamné fermement les récentes attaques.

Le Représentant spécial pour l'Iraq, Ashraf Jehangir Qazi, a présenté aujourd'hui au Conseil de sécurité le rapport du Secrétaire général sur la situation en Iraq et sur les activités de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI), un rapport qui avait été rendu public le 9 septembre dernier.

Ashraf Jehangir Qazi a d'emblée condamné les dernières attaques qui ont fait ce matin près de 50 morts. « Ces attaques sont le signe de la résurgence du cercle vicieux de la violence qui empêche la reconstruction du pays. Améliorer la sécurité du pays est notre responsabilité à tous » a-t-il dit aux 15 membres du Conseil de sécurité.

Il a par ailleurs souligné que la situation actuelle n'a de solution que politique. Or, a-t-il fait valoir, « il n'y a pas de réconciliation politique possible par l'usage de la force. [...] Les différents groupes et parties irakiennes ne doivent pas perdre de vue que leur intérêt commun est l'unité, l'indépendance, la prospérité et la stabilité du pays ».

« Aucune amélioration notable n'a été enregistrée sur le plan de la sécurité » malgré le rétablissement de la souveraineté, le 30 juin 2004, et la tenue de la Conférence nationale, du 15 au 18 août 2004, note le rapport du Secrétaire général sur les activités de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI) et ses progrès dans la préparation des élections nationales, prévues en janvier 2005 (voir notre précédente dépêche).

Dans ce rapport, le Secrétaire général met en garde sur les conséquences d'une telle violence. « La violence actuelle pourrait saper la confiance (des Iraquiens) envers le processus de transition politique et rendre ainsi plus difficile la réunion des conditions nécessaires pour que des élections puissent se tenir en janvier 2005 », a-t-il prévenu.

L'action de l'ONU en Iraq, indispensable pour aider la transition politique en Iraq, bute sur un problème crucial et le rapport pose une question fondamentale : « comment agir dans un pays où la population veut et attend notre aide alors que certains groupes et individus sont résolus à nous empêcher, y compris par la violence, de nous acquitter de la mission qui nous a été confiée ? »

A propos de la sécurité du personnel des Nations Unies, le Secrétaire général a rappelé dans son rapport qu'il était « capital » que les dispositions nécessaires à la sécurité des opérations des Nations Unies en Iraq soient prises le plus rapidement possible.

Ce texte indique compter sur l'appui des Etats Membres et, plus particulièrement des membres du Conseil de sécurité, pour contribuer au déploiement des unités de gardes de la MANUI, des unités qui formeraient une entité distincte de la force multinationale présente en Iraq, conformément à ce qui avait été prévu dans la résolution 1546. Un point qui a été souligné aujourd'hui par Ashraf Jehangir Qazi.

 

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