Visite de Kofi Annan au Soudan : le Gouvernement s'engage à désarmer les Djandjawids

4 juillet 2004

Dans une déclaration commune publiée à l'occasion de la visite du Secrétaire général de l'ONU au Soudan, Khartoum annonce le démarrage immédiat du désarmement des milices djandjawids tandis que l'ONU s'engage à poursuivre ses préparatifs visant à assumer un rôle éventuel de maintien de la paix une fois conclus des accords sur le Sud-Soudan et sur le Darfour.

Dans une déclaration commune publiée à l'occasion de la visite du Secrétaire général au Soudan, qui s'est déroulée du 29 juin au 3 juillet, l'ONU et le Gouvernement du Soudan, qui se disent en préambule conscients de la nécessité de « mettre fin de toute urgence aux attaques permanentes de populations civiles ciblées au Darfour, notamment par les Djandjawids et d'autres groupes armées illégaux », indiquent avoir pris d'un commun accord une série d'engagements.

L'ONU affirme être prête à poursuivre une médiation sur les questions du Sud du pays et du Darfour et à apporter son assistance à un déploiement rapide des observateurs du cessez-le-feu de l'Union africaine.

Une fois prises les résolutions nécessaires par le Conseil de sécurité, elle s'engage à aider à mettre en œuvre les accords conclus sur le Sud-Soudan et le Darfour et continuera les préparatifs qu'elle a commencés en prévision d'un rôle de maintien de la paix éventuel une fois les accords conclus, indique un communiqué transmis par Ben Parker, le porte-parole du Coordonnateur humanitaire pour le Soudan.

De son côté, le Gouvernement du Soudan s'engage à s'employer immédiatement à commencer le désarmement des Djandjawids [les milices qui sont accusées d'avoir pris une part majeure dans les attaques lancées contre certaines ethnies du Darfour] et de tous les autres groupes armés illégaux, à déployer des forces de police robustes, crédibles et respectées dans tous les secteurs où se trouvent des personnes déplacées à l'intérieur du pays et dans ceux où des attaques sont susceptibles de se produire.

Il s'engage à s'assurer qu'aucune milice ne soit présente dans les secteurs des camps de personnes déplacées, s'engage à prendre des mesures immédiates visant à rétablir la confiance au sein de la population vulnérable et à s'assurer que tous les retours dans leurs foyers des personnes déplacées s'effectuent sur la base d'un réel volontariat en conformité avec l'accord de cessez-le-feu humanitaire.

Au plan politique, le Gouvernement soudanais s'engage à reprendre dans les plus brefs délais les pourparlers politiques de façon à parvenir à une solution globale acceptable par toutes les parties au conflit. Dans la mesure où la paix au Darfour est un préalable à la paix dans le Sud, Khartoum se dit prêt à accueillir l'aide de la communauté internationale dans la mise en œuvre d'un accord de paix éventuel au Darfour.

Dans le domaine humanitaire, le Gouvernement soudanais appliquera un « moratoire concernant les restrictions » concernant l'ensemble de l'action humanitaire au Darfour et s'engage à lever tous les obstacles entravant cette action. Il est ainsi spécifié que les restrictions concernant les visas sont suspendues pour tous les agents humanitaires et qu'il leur ait accordé la liberté de mouvements où que soit au Darfour.

L'inscription temporaire des ONG (organisations non gouvernementales) devient ainsi autorisée par simple notification, un processus que OCHA, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, va proposer aux ONG de gérer en leur nom. L'inscription permanente devra être effectuée dans les 90 jours.

Le Gouvernement a également donné son accord pour suspendre toutes les restrictions sur l'importation et l'utilisation de l'ensemble des matériels, moyens de transports, terrestres et aériens, ainsi que sur les équipements de communication nécessaires à l'aide humanitaire.

Dans le domaine des droits de l'homme, le Gouvernement du Soudan s'engage à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à l'impunité et à engager des enquêtes immédiates sur les cas de violations, y compris ceux portés à son attention par l'ONU, l'Union africaine et d'autres sources.

Il doit également s'assurer que la Commission d'enquête indépendante, créée en mai par décret, est dotée des ressources nécessaires pour entreprendre son travail et que ses recommandations sont mises en œuvre dans leur globalité. Il s'engage à s'assurer également que tous les individus et groupes accusés de violations de droits de l'homme sont traduits en justice sans délai.

Le Gouvernement s'engage à autoriser le déploiement d'observateurs des droits de l'homme et à mettre en place un système équitable, respectueux des traditions locales, qui permette aux femmes victimes de mauvais traitements de porter plainte contre les auteurs présumés de ces actes.

Enfin, le Gouvernement du Soudan et l'ONU ont conclu un accord sur la création d'un mécanisme mixe de haut niveau chargé de la mise en œuvre de cet accord qui sera composé d'une délégation soudanaise conduite par le Ministre des affaires étrangères et, en ce qui concerne l'ONU, par le Représentant spécial du Secrétaire général et ses partenaires. Ce mécanisme fera rapport au Gouvernement du Soudan et à l'ONU sur les progrès accomplis.

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