Mission de l'ONU au Libéria : effectif au complet fin juin

Mission de l'ONU au Libéria : effectif au complet fin juin

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Avec l'arrivée d'un bataillon d'infanterie sénégalais suivi d'un autre bataillon d'infanterie venant d'Éthiopie, la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), dont l'effectif au 18 mai était déjà de 14 131 hommes, aura réalisé fin juin un de ses principaux objectifs, le déploiement complet de ses effectifs militaires soit 15 000 hommes, indique le rapport du Secrétaire général paru aujourd'hui.

D'ores et déjà depuis le 22 mars dernier, l'arrivée à la fin mars et en avril, de troupes venant du Bangladesh, d'Éthiopie, du Pakistan, ainsi que des unités venant de Chine et de Suède a permis à la Mission de se déployer sur tout le territoire libérien, à l'exception de la zone longeant la frontière avec la Côte d'Ivoire dans les comtés du Grand Gedeh et du Maryland, où sera déployé un bataillon sénégalais qui doit arriver en juin.

En avril, un bataillon d'infanterie pakistanais, déployé dans le comté de Lofa et formant le secteur 2 de la Mission a permisà la MINUL d'établir une présence solide dans une zone névralgique, le long de la frontière entre la Guinée et le Libéria, qui se trouvait auparavant sous le contrôle d'éléments du mouvement Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD).

Également en avril, un bataillon d'infanterie bangladeshi, déployé dans le comté de Nimba pour établir le secteur 3 avec un quartier général à Gbarnga, a été rejoint en mars par un bataillon d'infanterie éthiopien pour assurer une surveillance militaire aussi large que possible de ce comté où, là encore, des accrochages continuent de se produire entre le LURD et les ex-forces gouvernementales.

Avec les progrès réalisés dans le déploiement des troupes dans tout le pays et après un programme d'information intensif, la MINUL a relancé avec succès son programme de désarmement, démobilisation, relèvement et réinsertion le 15 avril. En tout, depuis décembre 2003, un total de 30 975 combattants ont été désarmés, soit environ 58 % du nombre prévu (53 000).

Environ 14 368 armes ont été remises, accompagnées de quelque 3 648 478 cartouches d'armes légères et 10 317 pièces de munitions non explosées. Malgré les quantités considérables de munitions restituées, le nombre global d'armes a été moins élevé que prévu et des signes inquiétants donnent à penser que certaines armes lourdes ont, à plusieurs reprises, été passées clandestinement hors des frontières libériennes.

En ce qui concerne les élections qui doivent, selon les dispositions de l'Accord de paix, avoir lieu d'ici à octobre 2005, la mission d'évaluation envoyée par la Commission électorale de l'ONU est parvenue à la conclusion que la Commission électorale nationale, telle qu'elle est actuellement reconstituée, manque du matériel et des effectifs nécessaire pour mener à bien une action d'instruction civique et d'éducation des électeurs, d'inscription sur les listes électorales et de délimitation des circonscriptions électorales ainsi que le scrutin lui-même.

La mission a souligné que, sans une aide internationale importante, ces activités ne pourraient être menées à bien dans les délais prévus et a recommandé de réunir dès que possible tous les signataires à l'Accord pour préciser ces points, de façon que la Commission électorale nationale puisse commencer à préparer les élections prévues en octobre 2005.

Le rôle que joueraient les Nations Unies dans la consultation électorale suppose la création de 32 postes de fonctionnaire recrutés à l'international, de 11 postes d'administrateur recrutés nationalement, de 49 agents des services généraux recrutés sur le plan national pour un an dans le Groupe électoral de la MINUL, et de 92 agents des services généraux recrutés sur le plan national, qui travailleraient au service informatique de ce groupe pendant cinq mois. En outre, il faudrait recruter 220 Volontaires des Nations Unies pour une période de six à neuf mois ainsi que 4 080 agents pendant six mois pour l'inscription sur les listes électorales.

Pour lancer activement ce processus, il faut également prévoir, dans le budget de la MINUL, l'achat des fournitures nécessaires pour l'inscription sur les listes électorales et des moyens de financer une partie de l'action d'éducation des électeurs. Cependant, il faudra couvrir par d'autres ressources le financement des salaires et du matériel des membres de la Commission électorale nationale et leurs assistants.

Dans l'aide qu'elle apportera à l'organisation de la consultation électorale au Libéria, la MINUL sera guidée par deux grands objectifs, indique le rapport : aider à organiser des élections faisant autorité avec toute l'expertise nécessaire et laisser derrière elle un organisme durablement capable d'organiser des élections au Libéria, moins dépendant de l'assistance internationale pour les consultations ultérieures.

La stabilité relative qui règne depuis quelques mois, associée à la reprise du processus de désarmement, a amélioré la situation humanitaire et permis aux organismes humanitaires de se rendre dans des zones jusqu'alors inaccessibles. Toutefois, les conditions de vie dans les zones urbaines sont encore caractérisées par le surpeuplement et l'absence générale de services publics.

L'afflux de personnes déplacées signifie que des milliers de gens sont dans l'obligation de vivre non seulement dans des camps pour personnes déplacées dotés des services de base, mais aussi dans des abris collectifs où le risque d'épidémie est considérable. La plupart des écoles primaires et secondaires fonctionnent, essentiellement dans les zones urbaines, les ordures sont ramassées et les transports terrestres le long des principaux axes deviennent de plus en plus sûrs.

Malgré ces progrès, auxquels viennent s'ajouter la mise en place d'une force de police nationale intérimaire et les efforts effectués pour relever le secteur judiciaire, réformer le régime pénitentiaire et faciliter l'emprise de l'administration de l'État à l'ensemble du Libéria, « des problèmes de taille demeurent », souligne le Secrétaire général.

« La sécurité risque de redevenir précaire tant que le désarmement et la démobilisation des combattants ne seront pas achevés et que le programme de réinsertion à plus long terme des ex-combattants n'aura pas pris un rythme soutenu », affirme-t-il

Il ajoute que le Gouvernement national de transition du Libéria ne dispose encore que de moyens extrêmement limités pour fournir des services et rétablir son autorité dans l'ensemble du pays et affirme qu'il devra entreprendre des efforts soutenus pour assurer la gestion efficace et transparente des ressources nationales afin d'engendrer les recettes absolument indispensables pour renforcer la capacité du Gouvernement.

Enfin, « face aux nombreuses difficultés du processus électoral », le Secrétaire général estime important que « les préparatifs du scrutin de 2005 commencent immédiatement. »

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