Les enjeux du développement doivent retrouver la place qui leur revient, affirme Kofi Annan

28 avril 2004

S'exprimant aujourd'hui devant la Commission du développement durable, le Secrétaire général de l'ONU a estimé que les progrès dans ce domaine étaient, « au mieux, mitigés. » Le fait que les dirigeants politiques aient été obnubilés par le terrorisme, les armes de destruction massive et la guerre n'a rien arrangé. Pendant ce temps, les petits Etats insulaires sont menacés de disparition et si les Etats-Unis et la Russie ne signent pas le Protocole de Kyoto, nous ne règlerons pas le problème des changements climatiques, a-t-il déclaré.

Kofi Annan a énuméré les progrès accomplis : le Plan de mise en oeuvre de Johannesburg, les nouvelles conventions internationales contraignantes, celle relative aux polluants organiques persistants ou encore celle qui traite du commerce international de certains produits chimiques et pesticides dangereux.

« L'aide publique au développement s'est remise à augmenter après de longues années de déclin, a-t-il souligné. Les partenariats se multiplient, de même que les initiatives d'entreprises citoyennes. On comprend aujourd'hui beaucoup mieux la notion de développement durable » et en particulier le fait que ce type de développement repose non seulement sur la protection de l'environnement mais aussi sur le progrès social et la croissance économique.

Mais il a également listé les problèmes qui demeurent, les ressources naturelles assaillies de toutes parts, les modes de consommation et de production non viables, la déforestation et la perte de biodiversité à peine ralenties, l'épidémie du sida qui n cesse de croître, le système commercial mondial toujours défavorable aux pays en développement, les menaces énormes qui pèsent sur les petits États insulaires, dont les plus vulnérables pourraient purement et simplement disparaître.

« Si les États-Unis et la Fédération de Russie ne ratifient pas le Protocole de Kyoto, nous ne pourrons pas véritablement nous attaquer au problème des changements climatiques », a-t-il déclaré.

Le Secrétaire général s'est prononcé en faveur d'un rééquilibrage des politiques. On comprend tout à fait l'intérêt que suscitent le terrorisme, les armes de destruction massive et la guerre en Iraq, a-t-il déclaré. « Il n'empêche que nous ne pouvons plus perdre de temps ni de terrain, dans le combat général pour le bien-être de l'humanité. Si le développement doit être équilibré, le programme d'action de la communauté internationale doit l'être lui aussi. »

 

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