Iraq : Lakhdar Brahimi extrêmement préoccupé par l'évolution de la situation à Fallujah

28 avril 2004

A sa sortie des consultations qui ont suivi son intervention devant le Conseil de sécurité hier soir, le Conseiller de l'ONU pour l'Iraq a exprimé auprès de la presse sa conviction que son plan pouvait être mis en oeuvre mais les nouveaux niveaux de violence atteints hier à Fallujah l'ont amené à exprimer des doutes sur ce qu'il était possible de faire, passé un certain point.

Si la condition continue à se détériorer, hypothèse émise par un journaliste, Lakhdar Brahimi a admis qu'au-delà d'un certain point, tout pouvait devenir très difficile.

« Cependant, s'est-il repris, ce que j'ai dit, c'est qu'à Bagdad, les tensions et les problèmes qui existent ne font que rendre plus urgent la poursuite du processus politique car on peut espérer qu'il parviendra à calmer les choses. »

Cependant, a-t-il ajouté, « au-delà d'un certain point, je ne sais pas. »

A une question lui demandant pourquoi il avait changé d'approche par rapport à des propositions antérieures qui envisageaient que le gouvernement intérimaire soit choisi par un ensemble composé de juges iraquiens, du Conseil de gouvernement iraquien et de responsables de l'ONU, il a dit « qu'à l'évidence, dans n'importe quel pays, il était préférable que le gouvernement soit choisi par le peuple et qu'il n'avait pas changé de ce point de vue. »

Interrogé sur ce qu'il pensait du transfert de souveraineté aux Iraquiens le 30 juin et s'il estimait que c'était une condition vitale pour le succès du processus, M. Brahimi a répondu que ce dont il était question, était la fin de l'occupation et qu'en soi, la fin de l'occupation signifiait le retour de la souveraineté.

« Ce que sera la relation entre le Gouvernement iraquien et ceux qui seront alors les anciennes puissances occupantes, sera déterminé entre eux », a-t-il précisé.

Il lui a été également demandé s'il avait quelqu'un précisément à l'esprit, M. Pachachi, par exemple, lorsqu'il a spécifié qu'il faudrait que cela soit des non-politiciens qui forment le gouvernement d'administration intérimaire. A cela, Lakhdar Brahimi a répondu en affirmant n'avoir personne en particulier à l'esprit de ce point de vue, ajoutant que cela s'était déjà produit dans le passé qu'un gouvernement intérimaire composé de technocrates gère magnifiquement un pays mais que lui-même n'avait jamais dit que ce seraient nécessairement des technocrates qui composeraient le gouvernement d'administration intérimaire irakien.

A propos des commentaires d'Ahmed Chalabi qui aurait dit que M. Brahimi n'était pas une personnalité qui rassemblait les Iraquiens, le Conseiller spécial pour l'Iraq a réagi en soulignant que « M. Chalabi disait beaucoup de choses sur beaucoup de gens mais, comme vous le savez, beaucoup de choses ont été dites sur lui également » auxquelles il ne souhaitait rien ajouter.

A une question concernant les pouvoirs du gouvernement intérimaire au regard de la présence des forces de la coalition après le 30 septembre, Lakhdar Brahimi a répondu par une autre question : « Vous voulez que 150 000 soldats disparaissent le 30 juin à minuit ? »

« Ces soldats vont être là, a-t-il poursuivi, et une des raisons pour lesquelles je pense que ce serait une bonne chose si ce gouvernement était formé et accepté d'ici au début juin, est qu'il aurait le temps de discuter avec les puissances d'occupation, l'ONU et le Conseil de sécurité sur les conditions d'exercice du pouvoir après le 30 juin. »

Sur la façon dont les « technocrates seraient sélectionnés », autre question d'un journaliste, il a répondu que des consultations ont lieu en ce moment entre l'Administration provisoire de coalition, le Conseil de gouvernement de l'Iraq et l'ONU.

A propos de la situation à Fallujah, il a à nouveau exprimé son extrême inquiétude à la suite des images qu'il avait sur les combats qui s'y déroulaient au moment où il s'exprimait. « Tout ce que nous souhaitons c'est que les choses se règlent le plus vite possible », a-t-il ajouté.

 

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