Objectif : faire profiter le monde du travail de l'Organisation, a déclaré le chef de l'information de l'ONU

26 avril 2004
S.Tharoor lors du Comité de l'information

Devant le Comité de l'information, qui entamait ce matin sa 26e session, le responsable de l'information de l'ONU a décrit les efforts de réforme poursuivis par son département, qu'il s'agisse de nouveaux partenariats avec les autres départements de l'ONU ou de la réorganisation des centres d'information.

« 2003 a été une année difficile pour l'ONU, une année tragique en vérité puisque nombre de nos valeureux collègues ont perdu leur vie à Bagdad. L'institution elle-même a souffert de dommages collatéraux, certains parlant ouvertement de son inadéquation », a déclaré ce matin le Secrétaire général adjoint à la communication et à l'information, Shashi Tharoor , qui présentait au Comité de l'information les réalisations de son département.

« Aujourd'hui, un an plus tard, nous constatons à de nombreux signes que l'Organisation – pour utiliser un titre du New York Times – est en train de rebondir », a poursuivi Shashi Tharoor, « et si le moral a parfois été bas à l'ONU, son rôle vital s'est poursuivi de par le monde. »

Le Secrétaire général adjoint a fait observer que, si les médias préféraient se concentrer sur les 'menaces dures' telles que les actes de terrorisme ou les dangers posés par les armes de destruction massive, les 'menaces molles' comme l'extrême pauvreté ou la faim, les maladies endémiques ou infectieuses ou encore la dégradation de l'environnement faisaient rarement les gros titres.

« Pour nous, au Département de l'information (connu sous son acronyme anglais de DPI pour Department of Public Information), il ne s'agit pas de choisir entre ceci ou cela. Il nous faut traiter tous les problèmes, durs ou mous, essentiels ou controversés, aujourd'hui et tous les jours », a poursuivi Shashi Tharoor, qui a fait remarquer qu'il n'était pas possible pour le département de se faire simplement l'écho de l'ordre du jour des médias mais qu'il lui fallait garder à l'esprit l'ensemble des problèmes.

Une des façons de mettre en avant les priorités de l'ONU consistera pour le département à se focaliser, à l'occasion de la Journée de la liberté de la presse cette année, le 3 mai prochain, sur ce qui a été absent des gros titres des médias. C'est ainsi que, parallèlement à la séance officielle, aura lieu une Table ronde qui aura pour thème : « Informer et sous-informer : qui décide ? » et traitera des dix sujets d'intérêt universel dont le monde devrait entendre parler.

Aujourd'hui en plein processus de réforme de ses activités, le Département de l'information a entrepris une transformation totale qui va d'une nouvelle définition de sa mission à un nouveau modèle opérationnel en passant par une réorganisation de sa structure, a indiqué Shashi Tharoor. Il a développé une nouvelle approche stratégique dont le cœur est constitué par la notion de service tourné vers le client, une plus grande coordination à l'échelle du système et une nouvelle culture de l'évaluation inhérente au travail du département.

C'est ainsi que le DPI, a précisé son chef, « a bénéficié considérablement de l'établissement de liens formels avec les autres départements du Secrétariat devenus nos clients. » Il a cité en exemple de cette coopération le travail effectué avec le Département du maintien de la paix.

« Le DPI réfléchit avec ce département à la manière d'attirer l'attention du grand public sur la récente et spectaculaire multiplication des demandes pour ce type d'opérations », a indiqué le Secrétaire général adjoint, ce qui revient aussi à « susciter le soutien des Etats membres pour ces nouvelles missions élargies » et notamment les amener à contribuer à « la constitution d'un effectif militaire et policier civil adapté et qualifié », « un défi majeur » selon lui.

M. Tharoor a indiqué que le département participait désormais à des missions d'évaluation menées par le Département des opérations de maintien de la paix en prenant pour sa part en charge l'évaluation des besoins d'information de ces missions. Cela a été le cas en Côte d'Ivoire, au Libéria et en Haïti. Quant à l'Iraq, il a précisé que son département avait dirigé une évaluation des besoins médiatiques dans le pays tandis qu'il « prêtait » du personnel pour aider au coup d'envoi de la Mission de l'ONU au Libéria.

Shashi Tharoor a insisté également sur la nécessité d'améliorer la capacité de l'ONU à communiquer effectivement avec les populations du Moyen-Orient, « un des principaux défis que nous ayons eu à relever l'an passé, l'image des Nations Unies dans cette région du monde n'ayant « cessé de se détériorer au fil des années. »

« Nous avons donc travaillé à la formulation d'un cadre de communication stratégique destiné au Moyen-Orient et aux pays arabes » et « le mois prochain, nous allons consulter nos collègues du système de l'ONU, cette fois-ci à Beyrouth, pour examiner ensemble ce qui a été fait ces derniers mois et élaborer un programme concret d'activités qui sera appliqué par nous tous », a-t-il déclaré.

Le département a par ailleurs veillé à apporter sa contribution aux discussions qui se déroulent actuellement avec le Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique sur une stratégie de communication mondiale pour la promotion du NEPAD, acronyme du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique. Le Conseiller spécial a été invité à présenter un projet de plan aux membres du Groupe de l'ONU pour la communication en juin à Nairobi, a indiqué M. Tharoor.

« Il y a huit ans et dix mois de cela, l'ONU faisait son entrée dans l'âge de l'Internet. (…) Aujourd'hui les visiteurs de www.un.org visitent plus d'un million de pages par jour, non seulement dans les six langues officielles de l'Organisation, mais aussi, grâce en grande partie à nos bureaux sur le terrain, dans 27 autres langues » a-t-il également déclaré.

Il a ajouté qu'afin de « satisfaire les vœux exprimés par les Etats membres », le Département de l'information, qui gère le site Web, avait « continué à renforcer la parité entre les langues », précisant que les sites dans les différentes langues officielles progressaient à un rythme plus rapide que le site anglais quoique « les progrès n'aient pas été aussi rapides (qu'il l'aurait) souhaité pour plusieurs raisons, les ressources en faisant partie. »

Quant à la rationalisation des centres d'information de l'ONU qui passe par la consolidation de son réseau autour de pôles régionaux, le Secrétaire général adjoint l'a justifiée par les contraintes en matière de ressources qui faisaient que « les centres ne pouvaient souvent fournir de services au-delà de la capitale de leur pays hôte » et qu'en outre, en raison des coupes franches opérées par l'Assemblée générale dans les années 90, qui ont aboli un nombre significatif de postes, « trop de centres actuellement en sont réduits à faire à peine plus qu'à s'administrer eux-mêmes. »

Il a informé le Comité de l'ouverture du premier Centre régional d'information de l'ONU à Bruxelles qui a suivi la fermeture de neuf centres nationaux, du transfert du centre australien à l'automne prochain de Sydney à Canberra où il occupera des locaux mis à disposition à titre gracieux ce qui libèrera des fonds lui permettant de remplir son rôle de pôle régional dans la région couvrant également le Pacifique Sud tandis que le Gouvernement du Japon a accepté de prendre à sa charge les frais d'entretien et de services du Centre de Tokyo, ce qui vient s'ajouter à la contribution annuelle volontaire généreuse du pays à ce centre de l'ONU.

A Washington également, a indiqué Shashi Tharoor, une réflexion est menée sur la façon de réduire les coûts tandis que, reconnaissant l'absence d'accès aux technologies de l'information dans de nombreux endroits du monde en développement, la solution proposée est de maintenir chaque fois que c'est possible une présence physique dans les pays desservis par un pôle régional en mettant en place du personnel d'information dans les bureaux du Coordonnateur résident.

« Contrairement au modèle de grand centre régional utilisé en Europe occidentale le modèle que l'on suit dans les pays en développement est celui d'un plus grand nombre de centres de taille plus modeste », a précisé Shashi Tharoor qui a demandé au Comité « d'exhorter l'Assemblée générale à appuyer les efforts de réforme du DPI en fournissant les ressources opérationnelles nécessaires aux bureaux sur le terrain et en particulier les centres régionaux au lieu de les réduire. »

Il a enfin indiqué soumettre à l'attention du Comité un projet de cadre stratégique pour l'exercice 2006-2007, qui reste « fidèle à la culture de la gestion d'évaluation et de rendement qui prévaut désormais dans mon Département » et représente « à la fois une vision et une feuille de route dont l'unique objectif est de permettre aux peuples du monde de profiter au quotidien des fruits du travail de l'Organisation. »

 

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