Afghanistan : la Mission de l'ONU trouve « extraordinaire » la mobilisation lors de la Conférence de Berlin

5 avril 2004

“Il est remarquable que plus de deux ans après l'Accord de Bonn, l'Afghanistan soit capable de rassembler plus de 60 nations, la plupart d'entre elles représentées par leurs ministres des Affaires étrangères », a fait observer le porte-parole de la Mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan, la MANUA, Manoel de Almeida e Silva, à propos de la Conférence de Berlin qui s'est achevée jeudi dernier.

« Il est également remarquable que, deux ans après la signature de l'accord de paix, les engagements de financements soient le double de ceux pris à l'origine lors de la Conférence de Tokyo, a-t-il ajouté.

S'exprimant hier à Kaboul devant un rassemblement de journalistes pour son point de presse hebdomadaire, il les a invités à prendre connaissance de la Déclaration finale de la Conférence et de ses annexes, notamment le Plan de travail du Gouvernement afghan et la déclaration-cadre sur les relations de bon voisinage de Kaboul et de ses voisins, signée par l'Afghanistan, la Chine, l'Iran, le Pakistan, le Tadjikistan, le Turkmekistan et l'Ouzbékistan et qui comporte une déclaration sur la lutte contre les stupéfiants.

Manoel de Almeida a mis en avant les grandes lignes de la déclaration qui définissent les priorités de l'Afghanistan pour les années à venir dont l'intensification des activités de Désarmement-réintégration et la réduction puis l'élimination de la culture du pavot.

Dans son discours de clôture, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Afghanistan a déclaré que la Conférence « marquait d'une pierre blanche le processus de paix afghan » mais que « créer un environnement libre, équitable et sûr en Afghanistan réclamait une transformation réelle du paysage militaire et politique » du pays et que, « alors que le compte à rebours pour les élections a commencé, cela allait instiller un sens de l'urgence à nos efforts communs mais que le Gouvernement afghan savait désormais qu'il avait le soutien total de la communauté internationale à l'égard des choix difficiles qu'il va devoir faire », a souligné le porte-parole.

Pendant la Conférence, le Président Karzai a également endossé la déclaration du Millénaire de l'ONU qui fixe une série d'objectifs de développement d'ici à 2015, notamment l'éradication de la pauvreté extrême, la mise en place d'un système d'éducation primaire universel, la réduction des taux de mortalité infantile et l'amélioration de la santé maternelle.

Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'indice de développement humain de l'Afghanistan est actuellement le plus bas du monde après la Sierra Leone et l'espérance de vie y est de 20 ans moindre que celle de ses voisins, a rappelé également Manoel de Alveida.

A une question portant sur les 68 millions d'engagements financiers pris pendant la Conférence dans le domaine des élections qui ne couvrent pas la totalité des coûts, le porte-parole a répondu que pour ceux familiers avec de tels processus, obtenir un peu plus de 50% de la somme budgétée est « extraordinaire » et a affirmé que le reste du budget serait également financé.

« Ce ne sont pas seulement les prises d'engagements qui sont importantes mais la rapidité avec laquelle les fonds sont déboursés », a-t-il ajouté. « Mais nous sommes confiants, les donateurs comprennent les problèmes et nous continuerons à les leur rappeler si les choses dérapent un petit peu. »

 

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