Lakhdar Brahimi, optimiste malgré tout, met en garde contre les risques de guerre civile en Iraq

16 février 2004
Lakhdar Brahimi

Au terme d'une mission en Iraq qu'à la tête de cinq personnes, il estime avoir été fructueuse, le Conseiller spécial du Secrétaire général s'est dit à la fois optimiste en raison du désir de consensus qu'il a rencontré et préoccupé par les dangers de guerre civile qui menacent le pays.

Dans la transcription intégrale de la conférence de presse qu'il a donnée avant de quitter Bagdad et qui a été communiquée hier par son porte-parole, Lakhdar Brahimi a justifié son optimisme par le fait que tout le monde lui semble conscient des problèmes que connaît le pays et que tous semblent vouloir parvenir à un consensus.

Toutefois, a-t-il déclaré, « je suis un peu perturbé et mal à l'aise car il existe de très, très sérieux dangers. »

« J'ai lancé un appel aux Iraquiens et je voudrais mettre à profit cette conférence de presse pour le lancer à nouveau à chaque Iraquien dans chaque région d'Iraq pour qu'il soit bien conscient du fait que les guerres civiles ne sont pas déclenchées par les populations sur une décision de lancer une guerre civile le lendemain », a déclaré M. Brahimi.

« Les guerres civiles, a-t-il ajouté, se produisent parce que les gens sont irresponsables, parce qu'ils sont égoïstes, parce que les groupes pensent plus à eux-même qu'à l'intérêt de leur pays. »

Le Conseiller spécial, qui avait donné au cours de cette conférence de presse des détails sur sa rencontre avec l'ayatollah al-Sistani, détails reproduits dans la dépêche publiée le 13 février, a expliqué longuement pourquoi il n'existe pas de solutions simples à la question des élections en Iraq.

« Avant même de parler de fixer une date pour les élections, la question qu'il faut se poser est celle du cadre législatif » et notamment du mode de scrutin.

« Ce sont là des questions simples auxquelles personne ne semble penser », a souligné Lakdhar Brahimi.

De même, a-t-il poursuivi, il a été dit « que les cartes de rations alimentaires [établies dans le cadre du Programme 'pétrole contre nourriture'] était un système qui pouvait faire l'affaire. Cela reste à voir. Combien de temps cela prendra-t-il pour vérifier que c'est bien le cas » alors que, fait-il remarquer, il est dit simultanément que beaucoup de cartes frauduleuses ont été mises en circulation.

Sur le retour de l'ONU en Iraq, M. Brahimi a indiqué qu'il était toujours lié aux conditions de sécurité dans le pays.

« Vous savez, a-t-il ajouté, le 19 août est quelque chose que beaucoup d'entre nous n'oublierons jamais, même ceux qui n'étaient pas présents. »

« Certains d'entre nous ont été tués et ils n'étaient coupables de rien d'autre que d'essayer de servir le peuple d'Iraq », a-t-il répondu plus tard à un journaliste.

Indiquant que le Conseil de gouvernement iraquien et l'Autorité provisoire de la coalition étudiaient cette question, il a par ailleurs estimé que l'ONU souhaiterait certainement rester impliquée à tous les stades du processus politique dans l'avenir.

Par ailleurs, « je ne crois pas avoir rencontré un Iraquien qui ne nous ait pas dit qu'il voulait que l'ONU joue un rôle prééminent à chaque étape du processus électoral », a-t-il indiqué.

 

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