Lakhdar Brahimi au Conseil : « les Afghans ont désormais plus à perdre et plus à protéger »

15 janvier 2004

Intervenant pour la dernière fois devant le Conseil de sécurité en tant que Représentant spécial du Secrétaire général en Afghanistan, Lakhdar Brahimi a livré son analyse de la nouvelle constitution afghane, a désigné quelques-unes des raisons qui lui semblaient être à l'origine de l'insécurité dans le pays et a plus tard déclaré que, s'il ne croyait pas possible que les élections aient lieu en juin, elles se tiendraient probablement d'ici à la fin de l'année.

Se prononçant sur la constitution afghane, Lakhdar Brahimi a estimé que, malgré les dispositions prévoyant la reconnaissance d'autres langues que le Pachtoune et accordant 25% des sièges aux femmes à la chambre basse du Parlement, il restait encore beaucoup à faire en termes de représentativité.

Il s'est référé par ailleurs à l'insécurité croissante causée par des éléments se réclamant de mouvements Taliban ou de Gulbuddin Hekmatyar de même que par certains responsables locaux et a jugé qu'elle ne pouvait être réglée que par des mesures concrètes prises par la communauté internationale telles que l'élargissement de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) et le renforcement des institutions afghanes chargées de la sécurité qu'il ne faudrait plus, de son point de vue, laisser sous l'emprise des factions.

M. Brahimi a également alerté le Conseil de sécurité sur les risques posés par la culture du pavot à opium qui, en 2003, a connu une progression record.

Il a cependant contrebalancé son jugement en déclarant que les réalisations de ces deux dernières années faisaient que les Afghans avaient désormais « plus à perdre et plus à protéger. »

Le Président du Conseil de sécurité a, par la suite, lu, une déclaration du Conseil dans laquelle les membres du Conseil expriment leur « profonde gratitude » à Lakhdar Brahimi pour « les efforts inlassables qu'il a déployés. » Ils ont dûment pris note des défis énormes qu'il convient de relever afin de mener à terme le processus de Bonn, indique la déclaration.

Interrogé par des journalistes à la sortie du Conseil, Lakhdar Brahimi a jugé improbable, pour des raisons de logistique, que les élections aient bien lieu d'ici au mois de juin comme prévu par le processus de Bonn mais qu'il pensait en revanche qu'elles se dérouleraient d'ici à la fin de l'année.

 

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