Tremblement de terre de Bam : à la veille de lancer un appel à contributions, l'ONU s'engage à fournir une aide à long terme à l'Iran

7 janvier 2004
Jan Egeland, Coordonnateur des secours d'urgence

A la veille de l'appel aux donateurs qu'il s'apprête à lancer depuis Bam, la ville iranienne dévastée à 85% par un tremblement de terre le 26 décembre dernier, le Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, Jan Egeland, est arrivé aujourd'hui à Téhéran où il a transmis au Président Mohamed Khatami une lettre du Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans laquelle celui-ci l'assure de l'appui à long terme de l'ONU dans la reconstruction de Bam et l'aide aux victimes.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, en charge du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Jan Egeland, se rendra demain à Bam pour lancer, aux côtés des autorités iraniennes et en conjonction avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, l'Appel « instantané » de l'ONU destiné à couvrir les besoins les plus pressants pendant les 90 jours qui viennent, a indiqué aujourd'hui le porte-parole de l'ONU à New York.

Dans un communiqué également publié ce matin, OCHA indique que les engagements pris par les donateurs, l'ONU elle-même et les organisations internationales, qu'il s'agisse de contributions financières ou en nature, s'élevaient à 80, 3 millions de dollars.

Selon OCHA, le bilan du tremblement de terre est estimé actuellement à environ 30 000 morts, 30 000 blessés, 45 000 sans abri et environ 25 000 bâtiments détruits soit 85% des constructions de la cité. On s'attend à ce que le chiffre des sans-abri augmente quand les personnes hébergées par des membres de la famille ou des amis et les blessés seront de retour. Le nombre des sans-abri à ce stade pourrait alors s'élever à 75 000 personnes.

Du 3 au 5 janvier une mission de l'ONU a été chargée d'évaluer secteur par secteur la nature de ces besoins. Neufs secteurs seront couverts par l'appel : la nourriture et la logistique, l'eau et l'assainissement, la santé et la nutrition, la protection de la femme et de l'enfant, l'éducation, le rétablissement, la réhabilitation et la reconstruction, l'hébergement, le patrimoine culturel et enfin tout ce qui a trait à la coordination, la sécurité, les télécommunications, l'information, la surveillance et l'évaluation.

Le directeur de l'UNESCO, l'Organisation pour l'éducation, la science et la culture de l'ONU, Koïchiro Matsuura, a très rapidement fait savoir que l'agence était prête à apporter à l'Iran « toute l'assistance possible » pour sauvegarder le patrimoine culturel de la ville de Bam après le séisme d'une force de 6,3 sur l'échelle de Richter qui l'a frappée le 26 décembre dernier.

Construite en pisé, Bam était un des sites historiques les plus célèbres de l'Iran. Elle abritait le plus imposant édifice en terre séchée du monde : la citadelle historique d'Arg-e-Bam, vieille de plus de 2000 ans, aujourd'hui très gravement endommagée, indiquait récemment un communiqué de l'UNESCO qui précisait également que le gouvernement iranien avait l'intention de proposer l'inscription de Bam sur la Liste du patrimoine mondial de l'agence.

OCHA fait également le bilan des opérations de secours qui ont été conduites par la Société iranienne du Croissant rouge dont la première équipe arrivait sur les lieux du sinistre une heure après le tremblement de terre et a pu mobiliser jusqu'à 9 000 secouristes. Elle a actuellement 1 700 employés impliqués dans des activités d'assistance aux familles et s'attend à devoir maintenir cette assistance, avec un appui national ou international, pendant encore six mois.

 

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