Loya Jirga constitutionnelle : pour l'ONU, l'important c'est de surmonter ses différences autrement que par la voix des armes

22 décembre 2003

L'important est que l'Afghanistan soit en train de changer et que les divergences d'opinion ne s'y règlent plus en faisant parler les armes, a souligné le porte-parole de l'ONU dans le pays, répondant à une question d'un journaliste à propos de l'intervention de la déléguée afghane à la Loya Jirga constitutionnelle s'exprimant contre la présence des commandants de factions armées.

« J'espère que vous, en tant que nation, êtes en train de changer et que vous admettez que vous avez des différences mais que vous pouvez les surmonter », a ajouté Manoel de Almeida e Silva lors d'un point de presse qui avait lieu hier à Kaboul. « J'espère que cette Loya Jirga parviendra à un consensus qui vous permettra, en tant de que nation, de vous doter d'une constitution qui vous permettra d'aller de l'avant. »

Il a indiqué par ailleurs que sept nouveaux bureaux d'inscription aux élections avaient été ouverts à Kaboul et quatre à Mazar-e-Sharif, ce qui porte à 50 les sites ouverts au grand public et à huit les centres régionaux.

« L'instance conjointe de gestion des élections encourage tous les Afghans âgés de 18 ans et plus à aller se faire inscrire d'ici au 20 juin 2004 », a indiqué M. de Almeida qui a précisé que des commissaires afghans s'étaient rendus à Maurice pour observer les élections qui s'y déroulaient.

Au 20 décembre, le nombre des Afghans inscrits sur les listes électorales approchait les 90 000 dont plus de 13 000 femmes, a-t-il ajouté.

Manoel de Almeida a rendu compte des principaux résultats d'une enquête menée par le Ministère de la réhabilitation rurale et du développement. Précisant que l'enquête n'avait pu être menée dans certains secteurs, le sud de l'Ourouzgan, le sud-est de la province de Zaboul et le sud du Paktika, en raison de l'insécurité et que dans d'autres régions, les femmes n'avaient pas interrogées, le porte-parole a indiqué que les résultats montraient que, pour les foyers ruraux, la priorité était l'accès à l'eau, suivie par l'accès aux soins de santé.

Le réseau routier et l'accès à l'éducation figuraient également en haut de la liste des priorités pour les femmes qui ont été interrogées. Celles-ci considèrent en outre que le manque d'éducation et les coutumes restent les principales contraintes qui pèsent sur leur mode de vie.

La réintégration d'anciens combattants se poursuit à Gardez dans le cadre du programme-pilote de désarmement-réintégration qui a été suivi jusqu'à présent par 475 soldats tandis qu'à Kunduz où le processus est achevé, 1 006 soldats ont été réintégrés dans la vie civile. Les choix, dans l'un et l'autre cas, ont porté, par ordre de préférence, sur la reconversion vers l'agriculture, la formation professionnelle, le déminage, la police et l'armée nationale et le petit commerce.

Le porte-parole de l'ONU a également indiqué qu'une vérification indépendante des deux sites de cantonnement destinés à la collecte des armes lourdes dans le Nord du pays était en cours actuellement et que son objectif était d'obtenir les chiffres exacts des armes remises par les deux mouvements rebelles, le Jamiat et le Jumbesh.

« Des inexactitudes étaient apparues en raison de définitions différentes du termes 'armes lourdes' », a indiqué le porte-parole qui a précisé que 229 armes avaient été remises par le Jamiat, soit 80% de son armement lourd, estime-t-on, et 137 par le Jumbesh soit 50 %. Il a ajouté ne pas connaître la raison pour laquelle le Jamiat avait remis ses armes plus rapidement que son rival.

En réponse à une question sur l'opportunité de la tenue d'une nouvelle conférence d'évaluation de l'accord de Bonn, le porte-parole a précisé que, selon le Représentant spécial, Lakhdar Brahimi, c'était une question de bonne pratique de s'asseoir tous ensemble au bout de deux ans pour passer en revue les succès, identifier les problèmes et évaluer ce qui était envisageable pour stimuler la reconstruction, améliorer la sécurité et étendre la représentativité de l'administration.

« Bien entendu, la décision finale appartient aux Afghans en conjonction avec leurs partenaires internationaux », a-t-il ajouté.

 

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