Même hors d'Iraq, les inspecteurs de l'ONU travaillent toujours sur les programmes iraquiens d'armes biologiques

3 décembre 2003

Retirés d'Iraq en mars 2003 avant le début des opérations militaires, les inspecteurs de l'ONU n'en continuent pas moins à travailler à l'analyse des programmes iraquiens d'armes interdites et rendent compte des résultats obtenus dans leur quinzième rapport trimestriel qui vient d'être publié.

Pendant la période couverte par le rapport, les experts de l'ONU ont notamment procédé à une analyse supplémentaire des échantillons prélevés sur des armes biologiques (Bacillus anthracis) que les Iraquiens ont dit avoir détruites de manière unilatérale sur deux sites : le polygone de tir d'Al Aziziyah et le site de déversement d'Al Hakam.

Ils indiquent notamment que l'analyse génotypique récemment entreprise par la CCVINU a montré que les échantillons prélevés sur le site de déversement d'Al Hakam contenaient la souche du Bacillus anthracis que l'Iraq a déclaré utiliser pour sa production d'agents. En outre, la souche de Bacillus anthracis contenue dans les échantillons prélevés sur les bombes R-400, déterrées en 2003 à Al Aziziyah, n'est pas différenciable de celle trouvée sur le site de déversement.

Récemment, une attention particulière a été accordée à l'ancien programme iraquien d'armes biologiques et à la possibilité que ce programme existe encore ou qu'il en reste des vestiges, expliquent également les inspecteurs. Afin de comprendre plus aisément ce que la Commission sait de ce sujet complexe, le rapport contient une description détaillée de la destruction, de l'élimination ou de la neutralisation des produits et matériels ayant trait aux armes biologiques.

Une autre évaluation technique effectuée pendant la période considérée concerne le programme de missile Al Samoud 2. Elle met en évidence les connaissances acquises par la CCVINU, notamment l'historique et les spécifications techniques du missile, le programme d'essais, la destruction du système de missile sous la supervision de la Commission et la description complète des principaux sites du programme.

Le rapport fournit en outre, un résumé de l'évaluation que les experts ont menée afin de déterminer ce que l'Iraq aurait pu mettre au point à l'avenir en utilisant ce savoir et cette technologie.

La Commission évoque également les enquêtes menées par le Groupe d'investigation en Iraq dirigé par les Etats-Unis sur lesquelles elle n'a reçu aucune information et ne connaît que ce qui en a été rendu public.

« D'après la déclaration publiée, est-il noté dans le rapport, il semble que la plupart des conclusions mises en avant dans le rapport ont trait à des sujets complexes bien connus de la CCVINU, que ce soit à travers les déclarations et les rapports semestriels présentés par l'Iraq ou par l'intermédiaire de la correspondance, des réunions et des rapports d'inspection des équipes des Nations Unies. »

D'ici à la fin de 2003, le personnel permanent de la CCVINU se composera de 51 experts en armement et autres fonctionnaires, dont huit femmes, en provenance de 24 pays, ce qui représente une nouvelle réduction de 10 % des effectifs depuis le dernier rapport trimestriel présenté au Conseil, indique par ailleurs le rapport.

« La CCVINU est néanmoins consciente de la nécessité de conserver un nombre suffisant d'experts parmi le personnel permanent au siège de la Commission, afin de mener à bien les activités en cours et de rester prête à reprendre les opérations en Iraq et à appliquer les décisions du Conseil de sécurité », ajoute-t-il.

 

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