Kofi Annan dénonce les promesses non tenues du commerce international et réclame la suppression des barrières et subventions

10 septembre 2003

Dans un message adressé aux représentants des grandes puissances économiques, rassemblés à Cancun au Mexique où démarre aujourd'hui la cinquième Conférence de l'Organisation mondiale du commerce, le Secrétaire général de l'ONU a dénoncé les promesses non tenues du libre échange.

Dans un message adressé aux représentants des grandes puissances économiques, rassemblés à Cancun au Mexique où démarre aujourd'hui la cinquième Conférence de l'Organisation mondiale du commerce, le Secrétaire général de l'ONU a dénoncé les promesses non tenues du libre échange.

« La réalité du système commercial international actuel ne correspond pas aux discours », a affirmé Kofi Annan dans un message lu par Rubens Ricupero, Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.

Dénonçant « les beaux discours » et les promesses non tenues, évoquant les agriculteurs pauvres « réduits à la faillite par les barrières commerciales » ou encore « les malades et les mourants, dont les souffrances sont prolongées alors qu'elles pourraient être évitées, parce que les médicaments qui pourraient les sauver sont hors de portée de leur bourse », il a appelé à s'attaquer à la question du commerce des produits agricoles et demandé aux pays développés d'éliminer progressivement barrières et subventions.

« Il existe certainement de meilleurs moyens d'aider les agriculteurs des pays riches qui ont réellement besoin d'aide que de subventionner les gros exportateurs au point que les agriculteurs pauvres dans les pays pauvres ne peuvent plus nourrir leur famille », a-t-il affirmé.

Reconnaissant que l'OMC et l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce qui l'a précédée « ont permis au monde de connaître 50 ans de progrès économiques remarquables » et se félicitant des récentes avances en matière de propriété intellectuelle et de médicaments génériques bon marché, il a affirmé qu'il ne s'agissait pas de « tourner le dos au potentiel des marchés libres » ce qui serait « désastreux. »

En revanche, il a appelé à « réellement » libéraliser le commerce des textiles, à adopter des accords spécifiques permettant aux pays en développement de participer activement au commerce de plus en plus important des services et à procéder plus rapidement au transfert de technologies.

"Bien sûr, les pays en développement sont aussi tenus de s'aider eux-mêmes", a-t-il ajouté, leur suggérant notamment de réduire leurs barrières aux importations, en particulier celles d'autres pays en développement. Affirmant que la libération du commerce n'était, dans leur cas, « pas une panacée », il a recommandé de la gérer « avec le plus grand soin, dans le cadre de stratégies globales de développement. »

« Vous, les ministres du commerce des pays du monde, (...) avez une lourde responsabilité, en même temps qu'une occasion à saisir », a-t-il déclaré, après avoir prévenu que « si nous ne réalisons pas de progrès maintenant, l'amertume d'aujourd'hui pourrait fort bien entraîner des réactions brutales demain. »

 

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