En Éthiopie, au Kenya et en Somalie, 22 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë - PAM

Sahara, son mari et ses trois fils ont fui la sécheresse en Somalie pour sauver les quelques chèvres qui leur restaient. Ils sont arrivés dans les camps de réfugiés de Dadaab au Kenya en octobre.
© HCR/Charity Nzomo
Sahara, son mari et ses trois fils ont fui la sécheresse en Somalie pour sauver les quelques chèvres qui leur restaient. Ils sont arrivés dans les camps de réfugiés de Dadaab au Kenya en octobre.

En Éthiopie, au Kenya et en Somalie, 22 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë - PAM

Aide humanitaire

Après cinq pluies consécutives inférieures à la moyenne, la crise humanitaire dans la Corne de l’Afrique s’étend et s’aggrave, a alerté mardi une agence des Nations Unies, relevant que 22 millions de personnes se retrouveront en 2023 en situation d’insécurité alimentaire aiguë en Éthiopie, au Kenya et en Somalie.

Selon le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM), les prochaines pluies de mars-mai 2023 devraient également être inférieures à la moyenne. Et si ces pluies sont insuffisantes et que l’aide humanitaire n’est pas fournie à grande échelle, « l’insécurité alimentaire continuera de se détériorer ».

« Combiné à l’insécurité et à la volatilité macroéconomique, l’impact de la sécheresse sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle a été dévastateur », a détaillé l’agence onusienne basée à Rome.

Une mère est assise devant les tombes anonymes de ses deux jeunes enfants dans un camp de personnes déplacées à Dollow, en Somalie.
© UNICEF/Mark Condren
Une mère est assise devant les tombes anonymes de ses deux jeunes enfants dans un camp de personnes déplacées à Dollow, en Somalie.

Plus de 5 millions d’enfants souffriront de malnutrition aiguë en 2023

La situation de la malnutrition est également critique. Quelque 5,1 millions d’enfants vivant dans les zones touchées par la sécheresse dans ces trois pays souffriront de malnutrition aiguë en 2023. Selon le PAM, cela aura des « conséquences désastreuses » sur leur santé, leur croissance et leur survie.

Le PAM s’inquiète des prévisions météo qui notent que les pluies de mars-mai 2023 devraient être inférieures à la moyenne.

« Si ces pluies sont insuffisantes et que l’aide humanitaire n’est pas fournie à grande échelle, l’insécurité alimentaire continuera de se détériorer », prévient l’agence onusienne. « Quel que soit le résultat des pluies de 2023, les besoins humanitaires extrêmement élevés persisteront jusqu’en 2023, tandis que le rétablissement complet d’une sécheresse de cette ampleur prendra des années ».

Pour faire face à la faim et à la malnutrition dévastatrices induites par la sécheresse dans toute la région, le PAM adopte une approche intégrée à deux volets. Il s’agit ainsi de répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels vitaux immédiats tout en renforçant la résilience à la variabilité climatique extrême.

Un enfant est tenu par sa mère alors qu'il se nourrit d'un sachet d'aliments thérapeutiques prêts à l'emploi en Somalie.
©UNICEF/UN0591078/Taxta
Un enfant est tenu par sa mère alors qu'il se nourrit d'un sachet d'aliments thérapeutiques prêts à l'emploi en Somalie.

Un appel de fonds 2,4 milliards de dollars

Dans le même temps, l’agence onusienne a intensifié sa réponse à la crise pour atteindre un nombre record de personnes, en s’enfonçant plus profondément dans les zones difficiles à atteindre et en évitant les pires résultats jusqu’à présent. Depuis le milieu de l’année 2021, le PAM a plus que doublé son aide dans les régions de la Corne de l’Afrique touchées par la sécheresse.

Le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire est ainsi passé de 4 à plus de 8,8 millions chaque mois. Mais pour éviter une crise humanitaire majeure dans la Corne de l’Afrique, le PAM a lancé cette année un appel urgent de 2,4 milliards de dollars.

Le but est d’apporter une aide mensuelle vitale à 8,8 millions de personnes touchées par la sécheresse. « Il est nécessaire de réagir maintenant pour éviter une catastrophe humanitaire, prévenir la souffrance, protéger la dignité et sauver des vies », a conclu le PAM.