Afghanistan : le chef des droits de l'homme de l’ONU demande la fin des politiques destructrices à l’égard des femmes

Une fille afghane pose le visage caché à l'intérieur d'une maison de Kaboul, la capitale de l'Afghanistan.
© UNICEF/Mohammad Haya Burhan
Une fille afghane pose le visage caché à l'intérieur d'une maison de Kaboul, la capitale de l'Afghanistan.

Afghanistan : le chef des droits de l'homme de l’ONU demande la fin des politiques destructrices à l’égard des femmes

Femmes

Le Chef des droits de l’homme de l’ONU a appelé, mardi, les autorités de facto de l’Afghanistan à abroger immédiatement toute une série de politiques qui visent les droits des femmes et des filles, en soulignant à la fois les  « effets terribles et en cascade » sur leur vie et les risques de déstabilisation que ces politiques font peser sur la société afghane

« Ces restrictions insondables imposées aux femmes et aux filles vont non seulement accroître les souffrances de tous les Afghans mais, je le crains, poser un risque au-delà des frontières de l’Afghanistan », a déclaré dans un communiqué, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Le 24 décembre, les autorités de facto ont publié un décret interdisant aux femmes de travailler dans des ONG.  Kaboul avait déjà suspendu l’enseignement universitaire pour les femmes et l’enseignement secondaire pour les filles.

Des tentatives de reléguer les femmes au silence et à l’invisibilité

Selon l’ONU, ce dernier décret aura des « conséquences terribles » pour les femmes et pour tout le peuple afghan. « Interdire aux femmes de travailler dans les ONG les privera, ainsi que leurs familles, de leurs revenus et de leur droit de contribuer positivement au développement de leur pays et au bien-être de leurs concitoyens », a affirmé le Haut-Commissaire.

De nombreux employés de ces ONG sont des femmes et beaucoup d’organisations ont des femmes à leur tête. Ces ONG et organisations humanitaires sont des partenaires essentiels des Nations unies et d’autres agences dans l’exécution de leurs programmes humanitaires et de développement dans tout le pays. « L’interdiction va considérablement réduire, voire détruire, la capacité de ces ONG à fournir les services essentiels dont dépendent tant d’Afghans vulnérables », a fait valoir M. Türk.

Pour le Chef des droits de l’homme, ces tentatives des autorités de facto de les reléguer au silence et à l’invisibilité n’aboutiront pas - elles ne feront que nuire à tous les Afghans, aggraver leurs souffrances et entraver le développement du pays. « De telles politiques ne peuvent être justifiées en aucune façon », a insisté M. Türk.

Exclure systématiquement les femmes de tous les aspects de la vie publique fait reculer le pays

De son côté, la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan a exhorté, lundi, le ministre afghan de l’Economie à revenir sur la décision interdisant aux femmes de travailler dans toutes les organisations non gouvernementales (ONG) locales et étrangères, selon un communiqué publié lundi à l’issue d’une réunion entre les deux hommes. « Des millions d’Afghans ont besoin d’une assistance humanitaire et il est vital de lever les obstacles », a indiqué le coordonnateur humanitaire de l’ONU pour l’Afghanistan, Ramiz Alakbarov cité dans le communiqué.

Le 24 décembre déjà, les Nations Unies avaient condamné la décision de Kaboul. Elles ont rappelé aux autorités de facto que le fait de retirer aux femmes le droit de choisir leur propre destin, de les priver de leur autonomie et de les exclure systématiquement de tous les aspects de la vie publique et politique fait reculer le pays.

Selon l’ONU, cette situation compromet les efforts déployés pour instaurer une paix et une stabilité véritables en Afghanistan.