Avec l’aide du Fonds de l'Initiative Elsie, la FINUL déployée au Liban s’attaque à l’égalité des genres

Le Major Syazwani, commandant malaisienne au sein de la FINUL, donne des instructions à ses collègues soldats de la paix alors qu'elles patrouillent à Rumaysh, dans le sud du Liban, en décembre 2017.
Photo ONU/Pasqual Gorriz
Le Major Syazwani, commandant malaisienne au sein de la FINUL, donne des instructions à ses collègues soldats de la paix alors qu'elles patrouillent à Rumaysh, dans le sud du Liban, en décembre 2017.

Avec l’aide du Fonds de l'Initiative Elsie, la FINUL déployée au Liban s’attaque à l’égalité des genres

Femmes

La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) devient la première mission de terrain de l’ONU à bénéficier de financements du Fonds de l’Initiative Elsie pour les femmes dans les opérations de paix, en vue de créer un environnement de travail propice à la meilleure inclusion des femmes dans les opérations de paix. 

La subvention de 357.000 dollars du Fonds permettra à la FINUL de construire des logements et d’instaurer des conditions de travail tenant compte du genre pour les femmes soldats de la paix membres des bataillons ghanéens. Ces financements aideront également la mission à atteindre la parité et l'égalité des genres. 

« Pour le succès des opérations de paix, nous avons besoin d’une plus forte participation des femmes en uniforme. Néanmoins, trop souvent, l’égalité de participation est entravée par des conditions de vie et de travail inadéquates et ne tenant pas compte du genre », a expliqué la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Sima Bahous. « Le projet de la FINUL financé par le Fonds de l’Initiative Elsie montre l’exemple en s’attaquant spécifiquement à cet obstacle structurel majeur. Les changements positifs induits par le projet nous aideront à atteindre la parité dans les opérations de paix », a-t-elle ajouté.

Le projet de la FINUL vise à surmonter cet obstacle en construisant quatre nouveaux bâtiments d'habitation, un bloc sanitaire et un espace de détente pour les femmes. Cette amélioration des conditions de vie sur le terrain survient au moment où le Ghana, qui déploie actuellement 861 miliaires au sein de la FINUL (dont 16% de femmes), s’apprête à augmenter ses déploiements de femmes soldats de la paix. 

Des membres du bataillon ghanéen servant avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) sont vus ici fournissant des soins médicaux à Al Kawzah, au Sud-Liban, en janvier 2016.
Photo ONU/Pasqual Gorriz
Des membres du bataillon ghanéen servant avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) sont vus ici fournissant des soins médicaux à Al Kawzah, au Sud-Liban, en janvier 2016.

Les femmes encore confrontées à des obstacles dans les opérations de paix

« Les femmes sont encore confrontées à des obstacles qui les empêchent de pleinement contribuer aux opérations de paix », a indiqué Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de paix, notant notamment un manque d’information sur les possibilités de déploiement et d’accès aux formations nécessaires, mais aussi de contraintes et de biais institutionnels, ou encore d’équipements et d’infrastructures inadéquats sur le terrain pour les femmes. 

Il a ajouté que « ce projet reflète nos valeurs communes en matière d’égalité des genres et de promotion d’une participation pleine, entière et significative des femmes à nos effectifs, conformément à l’initiative Action pour le maintien de la paix du Secrétaire général, qui est essentielle pour améliorer nos performances et la mise en œuvre du mandat ».

Ces dernières années, la FINUL a augmenté le nombre de femmes parmi son personnel de maintien de la paix, passant de 5% en 2018 à presque 7% (659 femmes) en 2021. Avec ce projet, la Force intérimaire cherche à accompagner les pays fournisseurs de contingents et de personnel de police afin qu’ils atteignent les cibles de genre fixées dans la Stratégie 2018-2028 pour la parité entre les sexes applicable au personnel en uniforme.

« Dans notre mission, les femmes chargées du maintien de la paix participent à toutes les activités opérationnelles, qu’il s’agisse de déminage ou de patrouilles le long de la Ligne bleue », a déclaré le Chef de mission et Commandant de la FINUL, le Général de division Stefano Del Col. « Nous sommes fiers d’utiliser les financements du Fonds Elsie pour éliminer certains obstacles pratiques à la participation des femmes aux opérations de paix ».

Ce nouveau projet contribue à la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité (2000) sur les Femmes, la paix et la sécurité (WPS), et de la résolution 2538 (2020), qui appelle à augmenter le déploiement de femmes chargées du maintien de la paix. 

Il s’aligne également aux initiatives Action pour le maintien de la paix (A4P) et A4P+ lancées par le Secrétaire générale des Nations Unies en 2018 et 2021, respectivement, pour renforcer et tirer parti des engagements politiques en faveur du programme WPS et de la participation pleine, égale et effective des femmes dans les processus et opérations de paix.

Une Casque bleu indonésienne de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban patrouille en octobre 2012.
Photo ONU/Pasqual Gorriz
Une Casque bleu indonésienne de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban patrouille en octobre 2012.

Le Fonds de l'Initiative Elsie

Créé par les Nations Unies et le Canada en 2019, le Fonds de l'Initiative Elsie est un fonds innovant et multilatéral qui a pour objectif d’accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs de genre des Nations Unies, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et à la Stratégie 2018-2028 pour la parité des sexes applicable au personnel en uniforme (UGPS). 

Le Fonds de l'Initiative Elsie est financé par les contributions et les promesses de l’Australie, du Canada, de la Finlande, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Norvège et du Royaume-Uni. A ce jour, 30 millions de dollars ont déjà été levés.