Le droit à la sécurité sociale est une question urgente, selon la cheffe des droits de l’homme

2 novembre 2021

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a déclaré lundi que l'impact de la crise de la Covid-19 et l'évolution du monde du travail font du droit à la sécurité sociale pour tous « une question de la plus haute urgence ».

Michelle Bachelet participait à la toute première table ronde intersessions sur le droit à la sécurité sociale organisée par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève.

L'objectif était d'identifier les défis et les meilleures pratiques, à travers un débat entre les États membres, les agences des Nations Unies, les organes de traités et la société civile, entre autres.

Pour Mme Bachelet, il ne pouvait pas y avoir de meilleur moment pour parler de sécurité sociale et de protection sociale. En raison de la pandémie, 255 millions d'emplois ont été perdus en 2020 seulement.

« Les lacunes dans la couverture des systèmes de protection sociale et les prestations de protection sociale inadéquates ont contribué aux inégalités qui ont accéléré et aggravé les impacts de la Covid-19 », a déclaré le Haut-Commissaire.

Faciliter l'accès aux soins de santé

La sécurité sociale facilite l'accès aux soins de santé, protège les personnes contre la pauvreté et garantit les droits économiques et sociaux essentiels, notamment l'alimentation, l'eau, le logement, la santé et l'éducation.

La Haut-Commissaire estime que les États membres ont « clairement reconnu » l'importance des filets de sécurité sociale l'année dernière, lorsqu'ils ont répondu à la pandémie par des mesures de protection sans précédent pour atténuer ses impacts sociaux, économiques et sanitaires.

Au plus fort de la crise, du Malawi au Pérou, en passant par les Philippines, la Finlande et les États-Unis, les gouvernements ont rapidement étendu leurs programmes d'assistance sociale.

Ils ont introduit de nouveaux transferts en espèces à de nombreuses personnes qui sont généralement exclues, y compris les travailleurs informels, pour la plupart des femmes et des indépendants.

En Argentine et en Bolivie, par exemple, des ressources ont été utilisées pour faire progresser des systèmes d'imposition plus progressifs, créant ainsi un espace fiscal plus large pour la protection sociale.

« Mais beaucoup de ces mesures étaient temporaires », a averti Mme Bachelet. « Et dans chaque région, il reste encore beaucoup à faire pour faire du droit à la sécurité sociale, une réalité pour tous ».

Maintenant, a-t-elle soutenu, les États membres devraient passer des mesures temporaires et ad hoc des premiers mois de la pandémie à des politiques à plus long terme.

Manque de protection sociale

Selon le Rapport mondial sur la protection sociale de l'Organisation internationale du travail (OIT), plus de la moitié de la population mondiale n'a actuellement aucune protection sociale.

Seuls 26% des enfants dans le monde reçoivent des prestations de protection sociale et moins de la moitié des femmes ayant un nouveau-né dans le monde reçoivent une aide en espèces à la maternité. Environ 30% seulement des personnes gravement handicapées perçoivent des prestations d'invalidité.

La transition en cours vers une économie verte et l'introduction de nouvelles technologies modifient également le paysage du travail, en particulier pour les plus défavorisés.

« La sécurité sociale est une boîte à outils essentielle pour aider les travailleurs à naviguer dans ces changements et renforce une résilience inestimable pour l'économie dans son ensemble », a déclaré Mme Bachelet.

Pour la Haut-Commissaire, non seulement ce type de protection est « un droit humain fondamental », mais il est également « indispensable à l'exercice de nombreux autres droits et nécessaire à une vie dans la dignité ».

Le renouvellement de la solidarité est la pierre angulaire du Programme commun du Secrétaire général, qui vise à lutter contre les inégalités et à guider la façon dont le monde peut mieux se remettre de la pandémie. Pour Mme Bachelet, dans ce contexte, la coopération internationale avec les pays moins développés « est essentielle et profitera à tous ».

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'efforce de faire progresser les systèmes de protection sociale dans le monde, la priorisation des budgets de santé et une participation plus large des travailleurs de la santé et des communautés aux régimes de protection sociale.

« Les systèmes de protection sociale ne sont pas une ponction sur les ressources : ils constituent un investissement inestimable dans des sociétés saines », a conclu la Haut-Commissaire.

 

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