Pérou : l'ONU dénonce l'usage excessif de la force lors des manifestations de novembre

13 janvier 2021

La police péruvienne a fait un usage inutile et excessif de la force lors des manifestations dans la capitale Lima en novembre dernier, contestant la légitimité du Président intérimaire, selon un rapport publié mardi par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

Les policiers n'ont pas fait la distinction entre les manifestants, essentiellement pacifiques, et une minorité qui aurait agi violemment, selon l'étude.

Ce rapport est le résultat d'une mission du HCDH dans la capitale péruvienne, Lima, du 17 au 22 novembre 2020, à l'invitation du gouvernement.

Le document indique que la police a tiré des balles de fusils de calibre 12 et des bombes lacrymogènes directement sur la tête et le haut du corps des personnes, sans discrimination et à bout portant. Deux personnes ont été tuées et plus de 200 autres, dont des passants, ont été blessées.

Photo : Patricio Lagos Bustamante/LaMula.pe
Des manifestants agitent un grand drapeau du Pérou.

La reconnaissance, « un premier pas »

« Le droit international est clair : les gens ont le droit de se réunir pacifiquement, et les rassemblements ne peuvent être dispersés que dans des cas exceptionnels », a déclaré Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

Elle a fait remarquer que la force meurtrière ne pouvait être utilisée contre des personnes spécifiques que pour répondre à une menace de mort imminente.

Les gens ont le droit de se réunir pacifiquement - Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme

Mme Bachelet a souligné que toutes les allégations de violations des droits de l'homme devraient faire l'objet d'une enquête rapide, indépendante et approfondie. Il est également important que le gouvernement reconnaisse publiquement que des violations ont été commises, a-t-elle ajouté.

« La reconnaissance des actes répréhensibles est le premier pas vers la responsabilisation et la prévention de leur répétition. Le gouvernement a formé une commission pour suivre les mesures en faveur de certaines victimes », a déclaré Mme Bachelet.

« Cependant, il est essentiel que le commandement de la police reconnaisse également que des violations des droits de l'homme ont été commises », a-t-elle fait valoir.

Photo Banque mondiale/Franz Mahr
Lima, la capitale du Pérou (photo d'archives)

Enquêter sur toutes les allégations

Le rapport conclut également que des personnes ont été arbitrairement arrêtées et détenues lors des manifestations, tandis que des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme ont subi des menaces et des attaques.

« J'espère vraiment que les autorités - tant le gouvernement que le Congrès - prendront les mesures nécessaires pour s'assurer que les forces de l'ordre se conduisent conformément aux normes et standards internationaux en matière de droits de l'homme », a déclaré la Haut-Commissaire.

« L'État doit également faire respecter le droit des victimes et de leurs familles à la justice, à la vérité et à des réparations, y compris la non-récurrence », a-t-elle ajouté.

 

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