Le chef de l’ONU appelle les Etats à investir dans les efforts de médiation pour régler les conflits

29 août 2018

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les Etats à investir dans les efforts de médiation pour régler de manière pacifique les conflits à travers le monde, à l’occasion d’un débat au Conseil de sécurité consacré à ce sujet.

M. Guterres a rappelé qu’il a fait de « la montée en puissance de la diplomatie pour la paix » l’une de ses priorités. La prévention des conflits, qui inclut des investissements dans la médiation, la consolidation de la paix et le développement durable, doit être notre priorité, a-t-il déclaré devant les membres du Conseil.

Il a passé en revue les instruments de médiation à disposition de l’ONU, tels que les bons offices de ses représentants et envoyés spéciaux, qui peuvent conduire des processus de paix comme en Libye ou diriger des opérations complexes comme au Mali.

Il s’est félicité de deux récents succès de médiation. A Madagascar, l’Envoyé spécial du Secrétaire général a aidé à faciliter les négociations pour l’organisation d’élections libres et justes. Et en Gambie, l’ONU, en coordination avec des organisations et pays partenaires, a réussi à éviter une crise politique majeure.

Un engagement discret peut jouer un rôle important, a poursuivi le Secrétaire général, en prenant l’exemple des pourparlers qui se poursuivent avec les Talibans en Afghanistan malgré des années de guerre, à l’écart du grand public, permettant aux positions de se clarifier.

« Une médiation réussie et le règlement pacifique des différends exigent une compréhension profonde des dirigeants et de leurs groupes - et une volonté politique forte », a noté le chef de l’ONU.

Selon lui, il faut à l’avenir impliquer davantage les femmes dans les processus de paix, ainsi que les jeunes, qui sont « des agents cruciaux du changement et des avocats pour la paix ».

Il a cité le grand nombre d’acteurs – jeunes militants, organisations de femmes, dignitaires religieux – qui jouent un rôle de médiation, de l’Afghanistan au Zimbabwe. « Nous devons trouver de nouveaux moyens de poursuivre des approches plus inclusives, qui sont cruciales pour assurer le succès des efforts de médiation. C’est ce que nous faisons à l’ONU », a-t-il dit.

M. Guterres a par ailleurs souligné la nécessité d’investir dans les réseaux sociaux qui, loin d’exacerber les tensions comme cela est souvent le cas, peuvent, au contraire, rapprocher les communautés, nourrir le dialogue et corriger des injustices historiques.

Enfin, le Secrétaire général a insisté sur le rôle central du Conseil de sécurité, qui peut signaler aux parties belligérantes qu’elles doivent régler pacifiquement leurs différends. « Lorsque ce Conseil n’est pas uni, nos efforts de médiation en pâtissent », a-t-il constaté. Il a appelé le Conseil à s’engager « davantage en faveur d’une utilisation plus efficace de la médiation ».

Photo ONU/Loey Felipe
L'Archevêque de Canterbury, Justin Welby, s'exprime devant le Conseil de sécurité lors d'un débat sur la médiation.

 

L’Archevêque de Canterbury, Justin Welby, est aussi intervenu devant les membres du Conseil et a souligné le rôle important que les institutions religieuses peuvent jouer dans le règlement des conflits, alors qu’elle se trouvent aux avant-postes de nombreuses communautés où la violence éclate.

L’archevêque a indiqué avoir constitué une équipe au sein de son bureau, pour pouvoir mettre en place un « cadre collaboratif avec d’autres confessions » pour réfléchir à de nouveaux moyens de promouvoir la médiation.

 

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