Iran : le chef des droits de l’homme de l’ONU consterné par l'exécution de délinquants juvéniles

28 juin 2018

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a condamné jeudi l’application continue de la peine de mort contre les délinquants juvéniles en Iran.

L’exécution de mineurs délinquants est strictement interdite par le droit international en toutes circonstances, quelle que soit la nature du crime qui aurait été commis, a souligné le Haut-Commissaire.

Mercredi, Abolfazi Chezani Sharahi, qui avait 15 ans lorsqu'il a été reconnu coupable d'avoir poignardé mortellement un homme, a été exécuté. Sharahi est le quatrième délinquant juvénile à avoir été exécuté en Iran depuis le début de cette année. En 2017, cinq délinquants juvéniles ont été exécutés dans le pays.

« Je suis profondément troublé que l'Iran continue d'appliquer la peine de mort contre les délinquants juvéniles, avec quelque 85 autres (jeunes) condamnés à mort », a déclaré M. Zeid dans un communiqué. « Nous comprenons que l'exécution d'au moins un autre délinquant juvénile, Mohammad Kalhori, est imminente et nous exhortons les autorités à ne pas l'exécuter, mais plutôt à commuer les condamnations de tous les délinquants juvéniles qui se trouvent dans le couloir de la mort », a ajouté le chef des droits de l’homme de l’ONU.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) rappelle que l'exécution de délinquants juvéniles constitue une violation des obligations de l'Iran en tant qu'État partie à la Convention relative aux droits de l'enfant et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Le traitement de Sharahi par l'Iran peut également être assimilé à de la torture ou à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, souligne le HCDH. Sharahi a été à plusieurs reprises (quatre fois) placé en isolement avant son exécution imminente qui fut retardée à plusieurs reprises avant d’avoir lieu.

Le Haut-Commissaire s'est également déclaré préoccupé par le manque de transparence avant l'application de la peine de mort en Iran. « Lorsque les autorités ne fournissent pas des informations adéquates sur le calendrier des exécutions, elles maintiennent non seulement la personne condamnée mais aussi sa famille dans l'attente permanente d'un décès imminent, entraînant une détresse mentale aiguë. La notification tardive empêche également un examen adéquat », ajoute le HCDH.

M. Zeid a réitéré la volonté du HCDH d'aider le gouvernement iranien à respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'homme relatifs à la justice pour les mineurs.

 

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