Sécurité et climat : Ban Ki-moon appelle à affronter les défis actuels

Le Secrétaire général Ban Ki-moon
Le Secrétaire général Ban Ki-moon

Sécurité et climat : Ban Ki-moon appelle à affronter les défis actuels

En visite en Nouvelle-Zélande, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a appelé le monde à affronter les défis actuels en matière de sécurité, de développement et de changement climatique.

En visite en Nouvelle-Zélande, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a prononcé mardi un discours à l'Université d'Auckland dans lequel il a appelé le monde à affronter les défis actuels en matière de sécurité, de développement et de changement climatique qui seront au centre des débats de l'Assemblée générale fin septembre.

« Cette année, nous nous réunissons à un moment crucial alors que nous faisons face à une réalité de plus en plus complexe. Regardez le paysage géopolitique : les mouvements démocratiques balaient le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. La tourmente économique et les bouleversements dans les rapports de forces mondiaux brouillent les anciennes distinctions, Est contre Ouest, Nord contre Sud ou encore riches contre pauvres. Les changements climatiques s'accélèrent. Les grands désastres et les urgences humanitaires sont plus fréquents », a déclaré le Secrétaire général.

Dans un monde en phase de transition, le changement est lent mais irrésistible et cela entraîne de l'incertitude alors qu'un nouvel ordre commence à se dessiner, a-t-il noté. « Toutes les régions du monde et tous les pays doivent trouver leur place dans ce contexte. Les institutions doivent se réformer dans un contexte de restrictions budgétaires. Ce climat crée des inquiétudes, les marchés financiers sont instables, les prix du carburant et des aliments changent fréquemment et des troubles sociaux font trembler les gouvernements. Une direction mondiale engagée et visionnaire est donc plus que jamais nécessaire », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général de l'ONU a rappelé que la communauté internationale s'était activement engagée pour soutenir le peuple libyen dans sa lutte contre un gouvernement coupable de massacres contre sa propre population, et qu'ensuite elle avait pris la responsabilité de rester aux côtés des Libyens pour la transition vers la paix, la démocratie et la prospérité.

« Ce développement positif n'est pas arrivé par hasard. Cela fait partie d'une tendance plus large qui s'est accélérée depuis six mois. Cela a commencé en Côte d'Ivoire où un autocrate intransigeant a refusé d'accepter sa défaite aux élections pourtant libres, équitables et démocratiques. Les Nations Unies ont pris leurs responsabilités avec la communauté internationale et un nouveau gouvernement démocratique a finalement été mis en place. Une victoire pour la démocratie et les droits de l'homme, non seulement en Afrique, mais pour le monde entier. Nous avons réussi l'épreuve suivante au Soudan où la plus longue guerre civile d'Afrique est finalement terminée et les peuples du nord et du sud peuvent commencer un nouveau chapitre », a déclaré Ban Ki-moon.

Durant le « printemps arabe », l'ONU a fait entendre sa voix en appelant les gouvernements à écouter leurs peuples et à répondre à leurs aspirations légitimes. Ces appels n'ont pas toujours été suffisants, comme dans le cas de la Syrie. Dans ces crises, la communauté internationale doit œuvrer pour agir de concert et en respectant les valeurs fondamentales et universelles.

« Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour protéger les personnes qui risquent d'être victimes d'extrême violence pour avoir réclamé leurs droits. Si un gouvernement ne peut pas, ou ne veut pas, protéger son peuple, nous avons une responsabilité commune d'agir. Aux Nations Unies, nous avons la responsabilité de protéger en cas de génocide ou de crimes contre l'humanité. La meilleure protection est bien entendu la prévention », a rappelé le Secrétaire général.

L'autre grand défi du moment que le Secrétaire général a soulevé est le développement durable qui devrait être une priorité absolue pour la communauté internationale. Cela suppose de faire des liens entre le changement climatique, la gestion de l'eau et de l'énergie, les questions de santé et d'autonomisation des femmes. Pour cela il faut reconnaître que les solutions à un problème peuvent en résoudre d'autres.

« Nous ne pouvons pas réduire nos émissions de gaz à effet de serre sans avoir des solutions pour trouver des sources d'énergie durable. Je m'engage à chercher des solutions équitables au problème de changement climatique. La croissance ne peut pas être durable si elle n'est pas largement partagée. C'est pourquoi nous devons réduire l'inégalité croissante dans le monde. Même dans les pays les plus riches, nous assistons à l'émergence de poches de pauvreté et dans les pays le plus pauvres la consommation frénétique d'une minorité contribue à augmenter le sentiment d'injustice. La sécurité et le développement durable sont les deux faces de la même pièce », a souligné Ban Ki-moon.

Par ailleurs, en marge de la réunion du Forum des îles du Pacifique qui a lieu cette semaine en Nouvelle-Zélande, le Secrétaire général de l'ONU a eu des entretiens bilatéraux avec les Premier ministres de Tonga, de Samoa, de Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Nouvelle-Zélande ainsi qu'avec le Secrétaire général du Forum des îles du Pacifique.