Le Conseil de sécurité discute comment renforcer les capacités des casques bleus

Le Conseil de sécurité discute comment renforcer les capacités des casques bleus

Des femmes casques bleus.
Le Conseil de sécurité a débattu vendredi de mesures pour améliorer les capacités de maintien de la paix des Nations Unies. Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé une plus grande flexibilité et davantage de fonds pour pouvoir répondre aux besoins toujours plus importants de déploiements de casque bleus. Actuellement 100.000 casques bleus sont engagés sur le terrain au niveau mondial.

« Nous entrons dans une nouvelle phase avec des situations diverses et plus complexes, où les casques bleus ont un rôle à jouer. Les opérations de maintien de la paix vont devoir évoluer pour pouvoir répondre aux besoins spécifiques dans des contextes très divers et réunir des capacités multiples de façon flexible et efficace, » a déclaré le Secrétaire général en notant que le nombre de casques bleus déployés ont doublé depuis 10 ans.

Lors de la convocation de la session, la Présidence du Conseil de sécurité, occupée en août par l'Inde, a souligné les « discordances entre les ressources disponibles et les mandats d'opérations de maintien de la paix ». Les dépenses totales de l'ensemble des opérations de maintien de la paix au cours des 20 dernières années sont inférieures à 50 milliards de dollars, moins que les dépenses annuelles pour la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan.

La FIAS en Afghanistan a pourtant un nombre d'employés comparable à celui des opérations de maintien de la paix de l'ONU dans le monde pour un coût annuel d'environ 8 milliards de dollars.

Ban Ki-moon a souligné le besoin d'avoir un mandat clair et réalisable, un soutien unifié du Conseil de sécurité et des ressources adéquates et prévisibles en ressources humaines, financières et matérielles afin de mener à bien les opérations de maintien de la paix. Lorsque ces éléments ont été réunis, les opérations ont été couronnées de succès selon le Secrétaire général qui a cité en exemple le Libéria, le Timor-Leste ou encore le référendum et la sécession du Soudan du Sud.

« Malgré la responsabilité des gouvernements hôtes, les casques bleus sont de plus en plus sollicités pour la protection des populations civiles, ce qui demande plus d'effort, donne une plus grande responsabilité et un plus grand besoin d'évaluation des performances et donc un plus grand besoin de ressources pour remplir de tels mandats, » a expliqué le Secrétaire général.

M. Ban Ki-moon a remarqué que certains aspects du partenariat nécessaire entre le Secrétariat, le Conseil de sécurité, les pays contributeurs de soldats et de policiers et les pays membres de l'ONU sont soumis à une pression grandissante.

« La situation financière actuelle, des divergences de points de vue sur les mandats, et dans certains cas, la perte de consentement des gouvernements hôtes ont créé des tensions dans nos relations, » a indiqué le Secrétaire général.

L'aboutissement à une réponse collective peut être compliqué lorsque ceux qui formulent les mandats, ceux qui apportent les troupes et ceux qui financent les opérations sont des groupes séparés.

« Si ces groupes restent distincts alors que les mandats deviennent plus exigeants, des tensions et des divisions deviennent inévitables ce qui risque d'avoir un impact négatif sur nos opérations. Le maintien de la paix est visible pour le grand public, difficile à réaliser mais primordial pour les Nations Unies. C'est également une chose dont seule l'ONU peut se charger dans un esprit réellement mondial, » a souligné le Secrétaire général.