Haïti : à Jean-Rabel, le PAM aide les paysans à produire plus de nourriture

Haïti : à Jean-Rabel, le PAM aide les paysans à produire plus de nourriture

media:entermedia_image:f3a8fdab-7688-494d-b871-f97ae87e14ea
Jean-Rabel est une petite ville située presque tout au bout de la péninsule nord d'Haïti. Il faut près de sept heures en voiture pour franchir les quelque 300 km qui la séparent de la capitale, et affronter des chemins de terre cahoteux pendant la moitié du trajet.

En 2009, les autorités haïtiennes ont estimé la population de Jean-Rabel à 10.000 personnes. Dans la campagne environnante, 120.000 autres s'affairent principalement à cultiver de petits lopins de terre. « On fait pousser du maïs, des choux, des poireaux, des tomates et d'autres fruits et légumes », explique Arsénio Védrine, un paysan de Vieille Place, un petit village de la région.

Année après année, les cultivateurs sont confrontés au même problème : la pluie qui ne tombe pas assez souvent. Quand il pleut finalement, l'eau ruisselle sur la terre asséchée des collines et dégringole jusqu'à la mer.

« On a commencé à travailler dans le nord après une grande sécheresse », dit Rainer Schmid, qui se consacre à l'augmentation de la production agricole dans la région depuis 11 ans. Il dirige les projets de l'organisation non-gouvernementale allemande, Welthungerhilfe (Agro action allemande), un partenaire du Programme alimentaire mondial (PAM). « Beaucoup de nourriture doit être importée ici, ajoute-t-il. Avec les périmètres irrigués, nous faisons en sorte que la production agricole soit plus régulière. Chaque nouvelle production va maintenant soulager la pression d'importer de la nourriture. »

À Vieille Place, à quelques kilomètres à l'extérieur de Jean-Rabel, Rainer Schmid a récemment démarré un nouveau projet financé par le ministère haïtien de l'agriculture, le PAM, le Fonds international pour le développement de l'agriculture (FIDA) et sa propre organisation.

« Le PAM a retenu la zone du nord ouest comme une zone d'insécurité alimentaire, explique Eugène Elgo, représentant du ministère de l'agriculture dans la région. Le problème de l'insécurité alimentaire, c'est aussi l'absence de travail. Nous nous sommes dit que la création de revenus par le développement de superficies agricoles pouvait donner de bons résultats et c'est pour ça que nous avons décidé de travailler avec le PAM ».

Augmenter la production agricole, réduire la vulnérabilité de la région aux catastrophes naturelles, mais surtout, améliorer l'accès à la nourriture pour les familles sont les trois objectifs de ce projet.

« Quand il n'y a pas de pluie, tout meurt dans nos jardins, dit Julienne Alexis, une des centaines de travailleurs occupés à construire des murets sur la montagne. Maintenant, l'eau de pluie va rester sur nos terres et nous serons capables de faire pousser de belles bananes, de beaux fruits ». Son collègue Arsénio Védrine est d'accord. « Vous aménagez la terre pour nous, dit-il. Nous pourrons ensuite profiter longtemps de cette richesse ».

En échange de leur labeur, les travailleurs sont payés l'équivalent de cinq dollars américains par jour en argent et en nourriture. Cette somme correspond au salaire minimum décrété par le gouvernement haïtien. « Nous achetons des fruits, de la nourriture et d'autres choses nécessaires à la vie quotidienne, ajoute Julienne Alexis. Ça nous aide à mener une vie normale ».

À la fin du projet, des murs secs auront été érigés et des arbres plantés sur plus de 4.000 hectares. En contrebas, un tout nouveau système d'irrigation assurera l'arrosage de 150 hectares de terres agricoles.

« Notre vie va changer parce qu'on sera moins dépendants de la pluie, conclut Julienne Alexis. L'activité économique a déjà commencé à augmenter, c'est bon pour la communauté ».