Afghanistan : Ban Ki-moon exhorte les parties au conflit à protéger les enfants

Afghanistan : Ban Ki-moon exhorte les parties au conflit à protéger les enfants

Une victime civile du conflit en Afghanistan
Les enfants sont encore enrôlés dans l'armée et les groupes armés, a déploré lundi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a appelé toutes les parties à cesser d'exploiter ces enfants.

Les enfants sont encore enrôlés dans l'armée et les groupes armés, a déploré lundi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a appelé toutes les parties à cesser d'exploiter ces enfants.

« J'engage instamment les Taliban, le réseau Haqqani, le Hezb-i-Islami et les autres groupes armés belligérants à cesser immédiatement de recruter et d'exploiter des enfants et j'appelle à un dialogue de ces groupes avec l'équipe des Nations Unies en Afghanistan de façon à obtenir la libération de ces enfants et à venir à bout de toute tentative de recrutement et d'exploitation des enfants », a déclaré Ban Ki-moon dans un rapport rendu public lundi, rassemblant des données allant du 1er septembre 2008 au 30 août 2010.

Dans l'ensemble du pays, les experts de l'ONU ont observé que le recrutement et l'exploitation d'enfants étaient le fait de toutes les parties au conflit. De nombreuses affaires ont été signalées par les médias et d'autres sources mais ne peuvent être confirmées en raison des difficultés d'accès et des problèmes de sécurité. L'Équipe spéciale de l'ONU a vérifié la nature de 26 des 47 incidents signalés, qui démontrent que des enfants ont été recrutés par des groupes armés ainsi que par les Forces nationales de sécurité afghanes, parmi lesquelles la Police nationale afghane.

« J'engage instamment le gouvernement afghan à travailler avec l'Équipe spéciale afin d'améliorer la communication de l'information sur les incidents, conformément à la résolution 1882 (2009) du Conseil de sécurité, qui porte sur la violence sexuelle contre les enfants et le meurtre et la mutilation d'enfants, et à assurer qu'une action appropriée et rapide, avec la responsabilisation voulue, aide les victimes de ces violations », a prévenu le chef de l'ONU.

« Les belligérants sont instamment engagés à se conformer aux principes du droit international, à reconnaître et à préserver la neutralité et la sûreté des établissements scolaires et des hôpitaux, comme « zones de paix », avec leur personnel », a-t-il ajouté.

Ban Ki-moon explique que des enfants ont commis des attentats-suicides ou ont été utilisés pour positionner des explosifs, parfois sans même le savoir. Ces incidents ont souvent entraîné leur mort. Par exemple, en avril 2009, un engin explosif improvisé placé dans une brouette conduite par un jeune garçon a explosé prématurément à 15 mètres du bureau du Gouverneur de la province de Samangan, tuant l'enfant. L'enquête a montré que l'engin explosif improvisé avait été placé dans la brouette à l'insu de l'enfant.

Pendant la période examinée, 1.795 enfants ont été blessés ou tués lors de violences liées au conflit, mais ce chiffre serait une sous-estimation du fait des difficultés d'accès aux zones de conflit. Des enfants continuent d'être victimes d'attentats-suicides, de l'explosion d'engins improvisés et d'attaques à la roquette par des groupes armés, notamment des Taliban. Des enfants ont également été victimes de frappes aériennes, ou encore lors de perquisitions nocturnes menées par des forces progouvernementales. En outre, 568 enfants ont été blessés ou tués par des mines ou par des munitions non explosées, durant la période considérée.

Dans la société afghane, la violence sexuelle, véritable tabou, continue d'être cachée. Le climat d'impunité, le vide juridique, le manque de crédit des autorités chargées des enquêtes et des poursuites, favorisent la poursuite de ces violences. Les abus sexuels contre les enfants, c'est-à-dire à la fois contre les garçons et les filles, sont une notion qui est mal définie dans le droit pénal afghan, et les auteurs de ces violations sont rarement poursuivis, indique Ban Ki-moon.

Le rapport fait également état dans l'ensemble du pays de 382 enfants détenus pour atteinte à la sécurité de l'État et 77 affaires d'enfants enlevés, des garçons et des filles, durant la période considérée.

« L'insécurité générale, qui empêche les organismes d'aide de recenser les besoins, d'aider les populations vulnérables et de suivre la fourniture de l'assistance continue à affecter gravement l'accès aux secours humanitaires », a déploré le Secrétaire général dans le rapport.

De vastes segments des régions sud, sud-est, est, ouest, nord-ouest et centrale de l'Afghanistan, sont classés par les Nations Unies, comme zones « à risque élevé » ou « à risque très élevé » pour les organismes humanitaires. Le nombre de cas de déni d'accès aux secours humanitaires a régulièrement augmenté au cours des deux dernières années. En 2008, 71 incidents avaient été signalés, mais ils ont plus que doublé, pour atteindre 171 en 2009. Au cours des huit premiers mois de 2010, 168 incidents ont été dénombrés.