Protection des civils : John Holmes fustige les attentats suicide

22 juin 2007

Violation flagrante du droit international humanitaire, la prise pour cible de civils et de travailleurs humanitaires se poursuit dans le monde, a déploré aujourd&#39hui le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies, fustigeant la pratique des attentats suicides et « ceux qui les applaudissent ou qui restent passifs ».

« Cibler les civils dans un conflit armé est une violation flagrante du droit international humanitaire. Pourtant, jour après jour, c'est ce que l'on constate. Les civils sont visés par la violence et les tirs dans des zones très peuplées lorsque les combattants n'essayent pas de distinguer les belligérants des civils. Des combattants se mélangent également à la population civile pour éviter les attaques », a déclaré aujourd'hui le John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies.

Ce dernier s'exprimait lors d'une séance publique du Conseil de sécurité consacrée à la protection des civils en période de conflit armé.

« En Somalie, les armes lourdes ont provoqué la mort de 400 civils, sans compter les blessés. C'est aussi le cas au Moyen-Orient, en Afghanistan ou en Iraq où les forces gouvernementales peuvent causer la mort de civils même si ce n'est pas délibéré », a-t-il souligné, ajoutant que la Mission de l'ONU en Iraq indiquait qu'en 2006, en moyenne, 94 civils mouraient chaque jour.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a également dénoncé la situation en République démocratique du Congo (RDC), au Darfour, au Sri Lanka, au Liban, avant de mettre l'accent sur les attentats suicides à la bombe qui visent délibérément des civils innocents.

« Ceux qui envoient de jeunes hommes à la mort ont une lourde responsabilité et ceux qui ne disent rien ou applaudissent partagent cette responsabilité », a-t-il tranché.

Aujourd'hui, des civils sont visés délibérément, instaurant ainsi la peur et la déstabilisation des populations, et détruisant le tissu social de communautés tout entières. Au Sud-Kivu, en RDC, par exemple, il y a eu 27 000 cas de violence sexuelle entre 2005 et 2006. De mars 2006 à avril 2007, 600 cas ont été enregistrés. « La nature de ces violences exige que l'ONU et les pays concernés fassent plus pour les prévenir et punir les auteurs », a affirmé John Holmes.

Ce dernier évoqué l'accent mis par le Secrétaire général sur le lancement de « L'Action de l'ONU contre la violence sexuelle dans les conflits », une coalition de 12 entités onusiennes.

En outre, a-t-il poursuivi, la lutte contre la violence sexuelle exige aussi une plus grande implication des tribunaux nationaux et de la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes les plus graves.

Le Secrétaire général adjoint a ensuite attiré l'attention du Conseil de sécurité sur le sort des personnes déplacées qui ont dépassé le nombre de 2 millions au Darfour.

Il a enfin évoqué la question de l'accès et de la sécurité du personnel humanitaire, préalable fondamental de l'action humanitaire.

« Toutefois, cet accès est très loin d'être sûr comme au Darfour où le harcèlement du personnel humanitaire se poursuit. Entre janvier et mai de cette année, plus de 69 véhicules humanitaires ont été volés et 56 membres du personnel humanitaire ont été enlevés, sans compter l'assassinat de deux autres travailleurs humanitaires », a-t-il déploré.

Le Communiqué conjoint de l'ONU et du Soudan, rendu public en avril, a commencé à porter des fruits comme la réduction des obstacles bureaucratiques mais il reste encore beaucoup à faire. Il est urgent de signer des accords avec les gouvernements concernés. Il faut aussi suivre et évaluer plus systématiquement ces refus à l'accès et faire rapport au Conseil.

« Le tableau sombre que je viens de dresser ne doit pas cacher les progrès », a conclu le Secrétaire général adjoint.

La présence internationale sur le terrain peut faire une différence considérable pour prévenir la violence contre les civils. Le Conseil a pris des mesures importantes dont les dividendes se voient dans le déploiement d'opérations de maintien de la paix plus robustes. Il serait utile d'évaluer l'impact sur le terrain des opérations qui ont la protection des civils dans leur mandat. Il s'agit de mettre fin à la culture de l'impunité et de reconnaître le caractère essentiel de l'état de droit et du recours judiciaire. En cas de violence sexuelle, a-t-il fait remarquer, l'implication des femmes dans tous les aspects de la protection des civils ferait une réelle différence.

John Holmes a enfin souligné que « seules les solutions politiques peuvent mettre fin aux conflits ».

L'ONU, a conseillé le Secrétaire général adjoint, doit décider une fois pour toutes d'investir davantage dans la prévention des conflits, en facilitant les solutions politiques par le biais d'une capacité renforcée de médiation et d'appui au règlement des conflits et à leur reprise.

 

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