RDC : la coopération entre l&#39ONU et l&#39UE a été une clef du succès des élections

9 janvier 2007

« La coopération exceptionnelle entre les Nations Unies et l&#39Union européenne » en République démocratique du Congo (RDC) « reste un exemple pour les partenariats futurs dans le domaine de la sécurité », a estimé aujourd&#39hui le chef du maintien de la paix devant le Conseil de sécurité qui a également entendu le responsable de la politique étrangère de l&#39UE, Javier Solana.

imageWebcast de la séance[1h30mins]

« L'EUFOR a contribué à fournir un environnement sécuritaire pendant la durée des élections qui se sont tenues en juillet et en octobre derniers, jouant un rôle de dissuasion et a permis aux forces des Nations Unies de se concentrer sur la formation de la police congolaise », a dit le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, lors d'une séance publique du Conseil de sécurité.

Jean-Marie Guéhenno a souligné que l'ONU continuerait à « collaborer pour voir dans quelle mesure il sera possible d'exploiter le potentiel stratégique de partenariats avec des organisations multilatérales, en particulier dans le domaine de la sécurité ».

Le Secrétaire général adjoint a salué aussi l'Union européenne (UE) pour le rôle essentiel qu'elle a joué à plusieurs niveaux du processus électoral.

Ainsi, a-t-il rappelé, les événements de ces derniers mois ont produit une « dynamique positive », avec notamment la nomination d'Antoine Gazinga, ancien candidat au premier tour des élections, au poste de Premier ministre du pays par le président Kabila.

Dans le Nord-Kivu, des discussions ont débuté entre des représentants des forces armées congolaises et les rebelles de Laurent Nkunda, tandis qu'en Ituri, un nouveau cessez-le-feu a été conclu avec le FNI de Peter Karim, a-t-il souligné.

« La MONUC encourage le gouvernement congolais à trouver une solution pacifique et globale à la persistance de conflits dans l'est du pays », a-t-il insisté.

Le gouvernement devra être également aidé dans le rétablissement d'un État sans corruption et l'appui de la communauté internationale reste plus que jamais nécessaire, a ajouté Jean-Marie Guéhenno qui a estimé que le règlement de la crise en RDC profitera à l'ensemble de la région d'Afrique centrale.

« Nous pouvons dire que la mission de l'Union européenne en RDC a été un succès non seulement en raison de la manière dont elle a été menée mais également en raison de la conclusion positive du processus transitoire dans le pays », a estimé pour sa part Javier Solana, le Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune.

Parmi les éléments clefs du succès de l'EUFOR, Javier Solana a cité la définition d'un mandat clair, le déploiement de troupes hautement professionnelles, un degré élevé d'interaction avec les forces de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), une politique de communication transparente et ouverte, notamment avec la population locale, acteur clef du processus électoral, ainsi que le partage d'informations avec les partenaires africains.

Le Haut Représentant a ajouté qu'une intervention militaire n'atteint son plein sens que si elle s'inscrit dans le cadre d'un engagement global.

« Je confirme ici, a-t-il insisté, que l'Union européenne est déterminée à continuer à travailler avec les Nations Unies ».

Pour l'avenir, « il reste beaucoup à faire », a estimé par ailleurs Ibrahim Gambari, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, qui est revenu sur « le succès historique » des élections qui se sont déroulées fin 2006 (dépêche du 6.12.06).

« Il reste encore à organiser à la fin du mois, les élections au niveau local, à savoir les élections des gouverneurs, des vice-gouverneurs et des membres des assemblées provinciales », a-t-il ajouté.

Les élections municipales doivent se tenir au cours de la dernière partie de l'année 2007, mais certaines conditions préalables doivent être remplies, notamment l'adoption d'une loi organique, en vertu de la Constitution, pour organiser de telles élections, a-t-il dit.

De même, le pays doit encore adopter la loi de décentralisation.

Le Département des affaires politiques continuera à fournir son soutien à la division électorale de la MONUC, notamment pour finaliser les modalités des élections locales, l'enregistrement des votants et la conduite des élections locales, ce qui peut prendre entre 13 et 18 mois, a précisé Ibrahim Gambari.

Le Secrétaire général adjoint a encouragé les membres du Conseil et les partenaires comme l'Union européenne, à continuer à fournir une aide financière, technique et autre, pendant la prochaine période électorale.

Lors de son exposé, Jean-Marie Guéhenno avait rappelé que la MONUC a été l'opération de maintien de la paix la plus importante et la plus coûteuse jamais mise en place par les Nations Unies, avec des milliers de troupes et plus d'une centaine d'avions.

En outre, cinq accords de paix impliquant des pays africains, plus de 35 résolutions du Conseil de sécurité, la participation de l'Union africaine et de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe, 500 millions de dollars d'aide internationale pour financer l'organisation des élections, et le soutien constant de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, ont contribué au succès du processus de paix.

 

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