Doha : la FAO déplore un échec des négociations en faveur du commerce équitable

8 août 2006

En attendant leur relance sur des bases plus "équitables", l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture explique aujourd'hui l'échec des négociations commerciales dans le cadre du cycle de Doha par une prise en compte insuffisante des intérêts des pays en développement.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture explique aujourd'hui l'échec des négociations commerciales dans le cadre du cycle de Doha par une prise en compte insuffisante des intérêts des pays en développement.

“L'effondrement des négociations commerciales internationales du cycle de Doha est essentiellement dû à une tentative des pays riches, des corporations et des puissants lobbies de s'accaparer des avantages sur les marchés agricoles”, a déclaré la FAO dans un communiqué publié aujourd'hui à Rome, regrettant que ces négociations se soient concentrées sur “le commerce libre, plutôt que sur le commerce équitable”.

Les négociations étaient censées porter sur les questions commerciales liées aux besoins des pays pauvres et des petits agriculteurs. “Elles n'y sont jamais arrivées, ce qui a provoqué l'échec du cycle de Doha faute d'équité dans sa vision, son processus et les résultats escomptés”, a indiqué la FAO.

Les discussions se sont essentiellement concentrées sur le problème des hauts niveaux de soutien budgétaire et de protection des importations dans plusieurs pays développés. « Un des trois pays octroyant les plus grosses subventions à l'agriculture n'était guère disposé à les réduire à un niveau acceptable pour les autres, tandis qu'un autre de ces pays ne voulait pas abaisser ses tarifs agricoles d'un montant admissible ».

Les pays développés exigeaient que les pays en développement ouvrent leurs marchés afin de pouvoir convenir de meilleures conditions pour leurs exportations. Mais “le cycle de Doha était sans grand intérêt pour les pays les moins avancés, qui n'ont pratiquement rien obtenu lors des précédentes négociations commerciales sur l'agriculture de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)”, selon la FAO.

“Si la réduction des subventions et des droits de douane agricoles par les pays développés se fait dans l'intérêt des pays en développement, elle doit être appliquée dans un cadre qui accroît les revenus de leurs petits agriculteurs et améliore leur sécurité alimentaire”, a-t-elle ajouté.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture énonce certains enseignements à tirer de cet échec.

“Lorsque les négociations redémarreront, le cycle de Doha se devra d'être un véritable “cycle du développement” avec une approche plus vaste et participative.

D'une part, il devrait porter sur les subventions intérieures et l'accès au marché et faire en sorte qu'elles ne nuisent pas au développement; d'autre part, il devrait affronter sérieusement les questions liées à la capacité d'offre et aux besoins d'investissement nécessaires afin que les pays les moins avancés puissent tirer parti des opportunités résultant d'un commerce équitable.”

La FAO, avec ses partenaires, affirme qu'elle veillera à ce que le consensus sur “l'aide pour le commerce” et les propositions faites pour parvenir à des résultats concrets dans le volet développement du Cycle de Doha ne soient pas perdus au nom du principe “Rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu”.

 

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