Conseil des droits de l'homme : Louise Arbour appelle à la mise en oeuvre des normes existantes

19 juin 2006

Louise Arbour, Haut Commissaire des Nations Unies, a appelé aujourd'hui le nouveau Conseil des droits de l'homme à faire progresser la mise en oeuvre des normes mises en place par l'ancienne Commission, rappelant que tous les États ont des problèmes dans le domaine des droits de l'homme et que tous devraient rendre des comptes.

« Dotés d'un puissant mandat tout neuf, les membres du nouveau Conseil des droits de l'homme vont siéger pour la première fois et s'investir dans une entreprise de grande envergure visant à renforcer le système des droits de l'homme des Nations Unies en l'équipant pour mieux répondre aux défis de notre temps », a déclaré aujourd'hui Louise Arbour, Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies (HCDH), dans une tribune au Washington Times.

« Il s'agit d'un moment déterminant pour le travail de l'Organisation en faveur de la protection de tous les droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous », a-t-elle estimé.

« Plusieurs éléments nouveaux nous portent à croire que le Conseil marquera un progrès notable sur son prédécesseur. La manière même dont les membres du nouvel organe ont été élus le mois dernier atteste d'un nouveau départ qui démarque le Conseil d'une simple «gestion des affaires comme d'habitude », a-t-elle souligné.

« Là où les membres de la Commission étaient préselectionnés à l'abri des regards avant d'être élus par acclamation, ceux du nouveau Conseil ont dû entrer en compétition pour siéger et les candidats élus ont dû rallier le soutien d'une majorité de tous les États Membres, au scrutin secret », a-t-elle ajouté.

« Pour la première fois dans l'histoire, les candidats se sont volontairement engagés à promouvoir et respecter les droits de l'homme et ils devront respecter cet engagement sous peine de s'exposer à la suspension de leur droit de siéger au Conseil », a-t-elle précisé.

La résolution de l'Assemblée générale qui institue le Conseil souligne « qu'il importe de mettre fin à la pratique des deux poids deux mesures qui a énormément nui à l'ancienne Commission ».

« Ce que les débats politisés du passé ont souvent occulté, c'est le fait irréfutable que tous les États ont des problèmes de droits de l'homme et qu'ils doivent être tenus pour comptables de leurs lacunes », a fait remarquer la Haut Commissaire.

« Ainsi, le test ne réside-t-il pas dans la composition du Conseil - dans le fait d'y siéger ou non - mais dans l'obligation de rendre des comptes », a-t-elle avancé.

« À cette fin, un nouveau mécanisme d'examen périodique universel offrira au Conseil - et au monde - l'opportunité de passer en revue les résultats de l'ensemble des 191 États Membres de l'Organisation des Nations Unies. Il s'agit d'une évolution considérable qui recèle un potentiel d'amélioration des droits de l'homme dans le monde entier », a-t-elle estimé.

« Plus significativement peut-être encore, le Conseil se réunira tout au long de l'année, alors que le calendrier de la Commission, qui se limitait à six semaines, entravait son efficacité et laissait peu de place à la souplesse », a encore rappelé Louise Arbour.

« Grâce à ce précieux temps supplémentaire, le Conseil pourra prendre des initiatives préventives afin de désamorcer des crises imminentes et accorder une attention particulière à la consolidation de réponses sur le terrain face à des situations où apparaissent des signes précoces d'une crise des droits de l'homme », a-t-elle précisé.

« Il disposera aussi d'une procédure améliorée pour se réunir afin de faire face en temps réel à des crises de droits de l'homme urgentes », a-t-elle ajouté.

« Reste que tous ces changements ne représenteront pas grand chose si les membres du nouveau Conseil ne sont pas disposés à dépasser leurs intérêts politiques immédiats pour embrasser la cause des victimes des droits de l'homme à travers le monde », a prévenu la Haut Commissaire.

« Le choix de l'ambassadeur De Alba du Mexique, partisan acharné des droits de l'homme, en tant que premier président du Conseil, envoie un signe bienvenu quant à l'intention des membres du nouveau Conseil de se mettre au travail. Cela signifie que la régie du nouvel organe a été placée entre des mains sûres, impartiales et compétentes », a-t-elle fait observer.

« Le c?ur du sujet réside dans la manière dont les membres du Conseil peuvent consacrer davantage d'énergie à faire progresser la mise en ?uvre des normes de droits de l'homme existantes et appelées à évoluer ».

« La Commission a relevé le défi de son temps en élaborant des normes globales de droits de l'homme. Que l'ère du Conseil soit celle de la mise en ?uvre ! ».

Le Conseil des droits de l'homme, institué par l'Assemblée générale le 15 mars, est composé de 47 membres qui ont été élus le 9 mai (dépêche du 16.06.06, communiqué du 15.03.06 et dépêche du 09.05.06).

 

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