Myanmar : Ibrahim Gambari fait le bilan de sa visite « événement » dans le pays

24 mai 2006

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Ibrahim Gambari, a fait un bilan, aujourd'hui à New York, de sa visite au Myanmar, qu'il a qualifié d'« événement », et de ses discussions avec le gouvernement, rompues depuis deux ans, ainsi que de sa visite à l'opposante au régime, Aung San Suu Kyi, toujours emprisonnée.

Lors d'une conférence de presse de presse donnée aujourd'hui au siège de l'ONU à New York, Ibrahim Gambari a rappelé qu'il avait effectué une mission au Myanmar, du 10 au 20 mai, en tant qu'émissaire du Secrétaire général, dans le cadre de ses « bons offices ».

image? Retransmission de la conférence de presse [55mn]

Un certain nombre de membres du Conseil de sécurité ont salué cette visite, a précisé le Secrétaire général adjoint.

Cette visite de trois jours a permis de poursuivre le dialogue, entre les Nations Unies et le gouvernement et toutes les parties au processus de réconciliation, sur la situation des droits de l'homme et la restauration de la démocratie au Myanmar.

« Pendant plus de deux ans, les Nations Unies n'ont pas été en mesure d'engager des discussions avec le gouvernement et le peuple du Myanmar sur les questions essentielles de la démocratie et des droits de l'homme », a rappelé Ibrahim Gambari.

L'objectif principal de cette mission a été « d'évaluer la situation pour voir ce qui peut être fait notamment par les Nations Unies pour faire avancer le pays vers une démocratie inclusive, une réconciliation nationale véritable, le respect des droits de l'homme et le développement durable », a-t-il indiqué.

« Le besoin de tourner une nouvelle page entre le Myanmar et les Nations Unies pour maintenir un dialogue constructif » a été mentionné lors des discussions avec les membres du personnel des agences des Nations Unies.

Le Secrétaire général adjoint a confirmé qu'il avait rencontré le chef de l'État, le général Than Shwe, le ministre des Affaires étrangères, U Nyan Win, et d'autres membres du gouvernement ? lors de visites aux ministères de la planification, du travail, de l'agriculture, de la culture et de la science et de la technologie.

Il a aussi rencontré des représentants de partis politiques, dont les membres de la Ligue nationale pour la démocratie, pour aborder la question de la Convention nationale, suspendue depuis le mois d'octobre.

Ibrahim Gambari a aussi pu s'entretenir, pendant près d'une heure, avec Aung San Suu Kyi, militante pour les droits de l'homme et prix Nobel de la paix. Emprisonnée, l'opposante au régime n'a pas eu de contacts avec l'extérieur depuis trois ans.

« Elle a dit qu'elle allait bien mais qu'elle voulait la visite d'un docteur », a-t-il rapporté. « Très déterminée, elle estime qu'elle peut apporter une contribution au développement de son pays », a-t-il encore dit. « Ce en quoi nous sommes d'accord ».

« Le fait que le Secrétaire général ait envoyé son adjoint aux affaires politiques, le fait que la visite soit saluée par certains membres du Conseil, l'aide de certains pays, la volonté de tourner la page et de lancer un signal à la communauté internationale », sont les raisons qui ont permis cette visite, a-t-il indiqué en réponse à une question.

Le principal message du Secrétaire général adressé aux autorités par l'intermédiaire de son adjoint était clair : « l'amélioration des relations entre la communauté internationale et le Myanmar dépendra des progrès qui seront constatés dans le pays concernant les libertés démocratiques et le plein respect des droits de l'homme ».

D'autres messages ont été adressés au gouvernement. Le Secrétaire général a souhaité faire savoir qu'il était déterminé à poursuivre son rôle de « bons offices » afin de faciliter la transition du Myanmar vers la démocratie.

« Le processus politique doit être plus inclusif et crédible. Tous les partis politiques et leurs leaders et toutes les ethnies doivent être représentés - y compris la Ligue nationale pour la démocratie », a-t-il encore fait savoir.

Au nom du Secrétaire général encore, Ibrahim Gambari a demandé la libération de Aung San Suu Kyi ainsi que celle des autres détenus politiques.

Il aussi fait connaître la préoccupation des Nations Unies face à « la récente offensive militaire dans l'Etat de Kayin » et demandé aux autorités de la stopper.

Il a par ailleurs exhorté le gouvernement à « collaborer pleinement avec les agences des Nations Unies dans l'aide aux personnes déplacées, la lutte contre le VIH/sida et le trafic de drogue et le recrutement d'enfants soldats.

Le Secrétaire général adjoint a enfin demandé aux autorités de ne pas faire obstruction aux travailleurs humanitaires.

Faisant le point sur les résultats de sa visite, Ibrahim Gambari a affirmé qu'elle avait « attiré l'attention de la communauté internationale sur la situation au Myanmar » et « réengagé un dialogue ».

Sur le plan humanitaire, la visite a permis de réengager un dialogue avec les agences Nations Unies sur l'accès aux populations dans le besoin.

Sur le plan politique, le gouvernement est tombé d'accord sur le fait que les Nations Unies pouvaient jouer un rôle notamment pour que la Convention nationale soit plus inclusive, a-t-il estimé.

 

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