Vu les conditions imposées par Washington, les experts de l'ONU ne se rendront pas à Guantanamo

18 novembre 2005

Les experts en droits de l'homme des Nations Unies ont annoncé aujourd'hui que les conditions imposées par le gouvernement américain rendaient impossible une visite crédible de la prison de Guantanamo où seraient détenues quelque 520 personnes et où la pratique de la torture serait courante.

Les experts en droits de l'homme des Nations Unies ont affirmé vendredi que les conditions imposées par le gouvernement américain rendaient impossible une visite crédible de la prison de Guantanamo où seraient détenues quelque 520 personnes et où la pratique de la torture serait courante.

« Nous regrettons profondément que le gouvernement américain n'aient pas accepté les Termes de référence permettant une évaluation crédible, objective et juste de la situation des détenus du centre de détention de la baie de Guantanamo », ont déclaré cinq experts indépendants de la Commission des droits de l'homme dans un communiqué publié aujourd'hui à Genève.

« Ces Termes comprennent notamment la possibilité d'avoir des entretiens privés avec les détenus », précise le communiqué.

Les experts font savoir que, dans ces conditions qui ne répondent pas aux principes des commissions d'enquête mis en place par la Commission des droits de l'homme, ils ne se rendront pas à Guantanamo.

« Il est particulièrement décevant que le gouvernement des Etats-Unis, qui a toujours déclaré son attachement aux principes d'indépendance et d'objectivité des commissions d'enquête, ne soit pas en mesure d'accepter ces Termes », ajoutent les experts.

Au mois d'octobre, les cinq experts - Leandro Despouy, Pul Hunt, Asma Jahangir, Manfred Nowak et Leila Zerrougui – avaient été finalement invités par l'administration américaine à visiter le centre de détention de Guantanamo, le 6 décembre prochain.

Au mois de juin dernier, les experts avaient accusé les Etats-Unis de continuer de leur refuser l'accès à la prison de Guantanamo, un an après en avoir formulé la demande (voir notre dépêche du 23 juin 2005)

Selon des informations parues dans la presse, quelque 520 détenus à Guantanamo seraient victimes de tortures, de traitements cruels, inhumains et dégradants.

 

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