Liban : l'ONU encourage le gouvernement à démanteler les milices

3 novembre 2005

Présentant hier son rapport sur la résolution 1559 du Conseil de sécurité, qui vise au rétablissement de la souveraineté du Liban sur son territoire, Terje Roed-Larsen a affirmé que l'ONU continuerait d'assister le gouvernement libanais à démanteler et à désarmer les milices, notamment le Hezbollah et les factions palestiniennes.

« Plusieurs des obligations de la résolution 1559 n'ont pas été remplies », a déclaré hier Terje Roed-Larsen, Envoyé de l'ONU pour la mise en œuvre de la résolution résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité.

Terje Roed-Larsen prenait la parole devant la presse à l'issue d'une séance à huis clos du Conseil de sécurité au cours de laquelle il était venu présenter son rapport semestriel sur l'application de la résolution (voir sur le rapport notre dépêche du 1er novembre 2005).

image• Retransmission du point de presse de Terje Roed-Larsen[16mins]

« Ce qui est remarquable avec la résolution 1559, c'est que certaines de ses dispositions clefs ont été très rapidement mises en œuvres : la question des élections parlementaires, qui se sont déroulées dans les délais et selon les normes internationales, le retrait syrien, qui a été complet », a fait remarquer Terje Roed-Larsen.

« Nous passons maintenant aux deux prochains points, qui demandent d'abord au gouvernement libanais d'assurer son contrôle sur tout son territoire, et ensuite le démantèlement des milices armées, notamment le Hezbollah et d'autres milices palestiniennes », a-t-il pouruisvi.

« Nous avons encouragé le gouvernement à entamer un dialogue national avec le Hezbollah, ce qu'il a fait de façon informelle, ainsi qu'à mettre en place un mécanisme avec les différents groupes palestiniens afin de régler la question de leur démantèlement et de leur désarmement », a-t-il souligné.

Le désarmement et le démantèlement des milices est d'ailleurs une exigence tant de la résolution 1559 du Conseil de sécurité que de l'Accord de Taef, qui a mis fin à la guerre civile au Liban, a rappelé l'Envoyé de l'ONU qui a affirmé que ce qui comptait c'était le résultat.

« Le gouvernement libanais a mis en place un tel mécanisme, portant ses efforts dans l'immédiat sur des restrictions aux démonstrations armées en dehors des camps avant de mettre de l'ordre dans les camps », a-t-il affirmé.

« Nous poursuivrons notre soutien au gouvernement », a déclaré Terje Roed-Larsen, ajoutant qu'il fallait poursuivre la démarcation entre la Syrie et le Liban et l'établissement de relations diplomatiques entre les deux pays.

Sur la réaction du chef du Hezbollah à son rapport au Conseil de sécurité, Terje Roed-Larsen s'est déclaré « très encouragé » en ce que cela entame un dialogue sur la définition de la « résistance » et du statut des armes.

Selon les informations parues dans la presse, le Sheikh Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, avait violemment accusé Terje Roed-Larsen de vouloir semer la discorde entre les factions libanaises.

Interrogé par ailleurs sur le statut des « Fermes de Chebaa », territoire dont l'occupation par Israël sert de fondement au Hezbollah pour maintenir son activité de « résistance armée » et d'attaques armées dans le nord d'Israël, il a souligné que « l'ONU n'était pas en mesure de tracer la frontière entre deux pays ».

« En 2000, nous avons dessiné la Ligne bleue. Le Secrétaire général et le Conseil de sécurité, à l'unanimité, ont reconnu que les fermes de Chebaa ne se trouvaient pas sur le territoire libanais mais syrien ».

« Cela ôte toute légitimité aux activités d'une milice », a-t-il indiqué en référence au Hezbollah.

Interrogé par ailleurs sur les preuves relatives à la fourniture par la Syrie d'armes aux milices palestiniennes au Liban, Terje Roed-Larsen a indiqué que selon les propres informations de la Syrie et du Liban, il existe des « flux massifs » d'armes dans les deux directions.

« Nous ne sommes pas en position d'en déterminer le volume », a-t-il expliqué, indiquant que le gouvernement syrien soutenait qu'il s'agissait de trafics illégaux, la frontière étant « très difficile à contrôler ».

« Mais les informations disponibles au Liban laissent entendre que les flots d'armes à destination des groupes palestiniens, notamment ceux basés à Damas, sont en croissance », a-t-il ajouté.

Interrogé enfin sur le refus du gouvernement syrien de fermer les bureaux des organisations palestiniennes à Damas, Terje Roed-Larsen a souligné que « toute activité, y compris des acteurs régionaux, contribuant à aider au désarmement et au démantèlement des groupes serait utile ».

Le 28 octobre dernier, le Quatuor pour le Moyen-Orient a appelé la Syrie à prendre des mesures immédiates pour fermer les bureaux du Djihad islamique, organisation palestinienne qui a revendiqué l'attentat terroriste de Hedera, en Israël (voir notre dépêche du 28 octobre 2005).

Le représentant de la Syrie à l'ONU, Fayssal Mekdad, a affirmé hier, lors d'un point de presse à l'ONU, que son pays n'était pas informé des flots d'armes mais qu'il faisait son possible pour les faire cesser. « Notre position est d'interdire toute activité de cette sorte qui ne sert ni le Liban ni la Syrie ».

Il a aussi estimé que la Syrie était disposée à procéder à la démarcation de la frontière avec le Liban, ajoutant que la position de son pays était que les fermes de Chebaa appartenaient au Liban.

image• Retransmission du point de presse du représentant de la Syrie[5mins]

 

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