Ceuta et Mellila : le HCR préoccupé par les refoulements vers le Maroc

11 octobre 2005

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a envoyé aujourd'hui une équipe d'experts au Maroc afin d'examiner la situation des migrants africains qui ont récemment tenté de passer la frontière des enclaves espagnoles au Maroc de Ceuta et de Mellila, craignant que certains demandeurs d'asile aient pu se voir refouler.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a envoyé au Maroc une équipe d'experts du siège du HCR, suite aux missions menées la semaine dernière par d'autres équipes depuis Madrid vers les enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta ainsi qu'aux îles Canaries, a déclaré aujourd'hui le porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Ron Redmond, lors d'un point de presse à Genève.

Au cours des deux dernières semaines, près de 2.000 migrants africains ont pris d'assaut les poste frontières de Ceuta et Melilla (voir notre dépêche du 7 octobre 2005 sur la réaction du Secrétaire général).

Ron Redmond a précisé que le Haut Commissaire aux Réfugiés, Antonio Guterres, avait écrit au président du Groupe de Genève sur la question migratoire pour lui demander d'organiser le plus rapidement possible une réunion afin de discuter la situation extrêmement complexe, qui implique au premier chef des migrants économiques, mais également des personnes qui ont besoin d'une protection internationale et qui, donc par la même, dépendent du mandat de l'UNHCR.

« Dans le cas de très importants flux migratoires comme celui-ci, il y a souvent des personnes fuyant un conflit et la persécution, qui devraient bénéficier d'un accès à des procédures d'asile », a-t-il rappelé.

« Bien que l'UNHCR reconnaisse le droit légitime des gouvernements à prendre des mesures pour lutter contre l'immigration illégale, nous exhortons les autorités à respecter les principes de Protection internationale, concernant particulièrement le refoulement [c'est-à-dire le retour forcé de personnes dans un pays où elles pourraient être confrontées à la persécution], à traiter chacun humainement et à s'assurer que tous les demandeurs d'asile ont accès à des procédures équitables et justes », a déclaré Ron Redmond.

Ce dernier a indiqué que le HCR, à partir du siège comme de ses bureaux à Madrid et Rabat, était en contact régulier avec les autorités espagnoles et marocaines.

« Malgré des efforts répétés, nous demeurons extrêmement préoccupés par les informations alarmantes sur le sort de ces personnes désespérées », a-t-il précisé.

L'UNHCR est pleinement impliqué dans la recherche de solutions permettant de prévenir ce type de tragédies que nous avons vues à maintes reprises en Méditerranée, dans le Golfe d'Aden et ailleurs dans le monde, a-t-il conclu.

Jeudi dernier, 6 personnes sont mortes, dont certaines apparemment abattues, en tentant de passer la frontière de Mellila. Une semaine plus tôt, 5 personnes avaient trouvé la mort, écrasées dans les mouvements de foule lors d'un incident similaire à Ceuta.

Selon les informations parues vendredi dans la presse, l'ONG Médecins sans frontières affirmait avoir trouvé quelque 500 migrants, y compris des femmes enceintes et des enfants, dans le désert marocain, où ils auraient été conduits après avoir expulsés par l'Espagne de ses enclaves de Ceuta et Melilla.

 

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