Le Conseil de sécurité condamne les restrictions à la circulation de la Mission de l'ONU imposées par l'Erythrée

5 octobre 2005

Le Conseil de sécurité a condamné hier dans une déclaration présidentielle la décision prise par l'Erythrée de restreindre la liberté de mouvement de la Mission de l'ONU en Erythrée et en Ethiopie, en interdisant la circulation des hélicoptères.

Le Conseil de sécurité s'est déclaré « gravement préoccupé par la décision prise par le gouvernement érythréen de soumettre à des restrictions les vols d'hélicoptère, quel qu'en soit l'objet, de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) dans l'espace aérien érythréen ou à destination de l'Érythrée à partir du 5 octobre 2005 », a indiqué hier son président pour le mois d'octobre, Mihnea Ioan Motoc, représentant de la Roumanie.

Cela aura « des répercussions considérables sur la manière dont la MINUEE peut exécuter son mandat et sur la sécurité de son personnel », a déclaré le Conseil.

« Cette décision du gouvernement érythréen est gravement contraire à l'appel qu'il a lancé aux parties dans sa résolution 1312 (2000), leur demandant de laisser à la Mission le libre accès nécessaire […] ainsi qu'à l'Accord de cessation des hostilités signé à Alger le 18 juin 2000 par le gouvernement de la République fédérale démocratique d'Éthiopie et le gouvernement de l'État érythréen (voir la résolution S/2000/601).

« Le Conseil souligne d'autre part qu'il faut que la décision de la Commission de tracé de la frontière entre l'Érythrée et l'Éthiopie soit appliquée sans plus tarder, ce qui permettra à la MINUEE de s'acquitter de son mandat ».

« Le Conseil demande également aux deux parties de faire preuve de la plus grande modération et de s'abstenir de toute menace de recours à la force l'une contre l'autre ».

Enfin, « le Conseil demande à nouveau aux deux parties de normaliser complètement leurs relations, notamment en engageant un dialogue politique en vue d'adopter de nouvelles mesures de confiance et de consolider les progrès réalisés jusqu'à présent ».

Dans son dernier rapport sur la MINUEE, publié le 30 août dernier, le Secrétaire général déplorait la suspension des activités de la Commission du tracé de la frontière entre l'Érythrée et l'Éthiopie.

Il rappelait aussi que « les graves restrictions imposées par les autorités érythréennes à la police militaire de la MINUEE à Asmara étaient maintenues en dépit des protestations de la Mission, qui sont restées sans effet ».

Il soulignait cependant que « le climat de coopération entre la MINUEE et les deux parties s'était amélioré [depuis le 20 juin 2005], et que les restrictions imposées par l'Érythrée et l'Éthiopie à la liberté de circulation du personnel de la MINUEE, dans l'exercice de son mandat, avaient diminué ».

La décision condamnée hier par le Conseil de sécurité constitue donc une aggravation substantielle de la situation et de la liberté de circulation de la Mission de l'ONU en Erythrée.

Sur le processus de paix entre les deux pays, le Secrétaire général estimait que « l'impasse persistante est par nature déstabilisante ».

« J'appelle donc de nouveau les garants des Accords d'Alger, en particulier ceux qui ont de l'influence sur les parties, à jouer un rôle plus concerté afin d'aider les deux pays à sortir de cette impasse », déclarait Kofi Annan, qui suggérait « de nouveau au Conseil de sécurité d'examiner quels pourraient être la nature et le calendrier appropriés d'une mission qu'il pourrait entreprendre en Éthiopie et en Érythrée ».

En définitive, rappelait le Secrétaire général dans son rapport, « c'est aux gouvernements éthiopien et érythréen qu'il appartient d'instaurer une situation de paix et de sécurité durables entre les deux pays. Il s'agit d'une responsabilité qu'ils ont à l'égard de leurs populations. »

Au 6 août 2005, l'effectif total de la composante militaire de la MINUEE était de 3 292 personnes, dont 3 001 soldats, 77 officiers d'état-major et 214 observateurs militaires.

 

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