Le Conseil de sécurité uni condamne «sans réserve» les attentats terroristes commis à Londres

7 juillet 2005

Réuni d'urgence au siège de l'ONU à New York, le Conseil de sécurité a adopté aujourd'hui à l'unanimité une résolution condamnant « sans réserve » les attentats terroristes commis à Londres et appelé à la coopération de tous les Etats pour lutter contre le fléau du terrorisme. «Londres, ville internationale, aurait dû se lever ce matin dans la joie, elle s'est réveillée dans le carnage», a déploré le Représentant du Royaume-Uni à l'ONU.

Dans sa résolution (S/2005/1611), le Conseil de sécurité a exhorté tous les États à « participer activement, conformément aux obligations qui leur incombent en vertu de la résolution 1373 (2001), aux efforts déployés en vue d'appréhender et de traduire en justice les auteurs, les organisateurs et les commanditaires de ces actes barbares » et exprimé la volonté « inébranlable » du Conseil de lutter contre le terrorisme.

« Je voudrais exprimer l'indignation du Conseil de sécurité face aux attaques consternantes dirigées contre le peuple du Royaume-Uni, causant des victimes et des dommages ainsi que d'immenses souffrances », a déclaré aujourd'hui à la presse le président du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, Adamantios Vassilakis, Représentant de la Grèce à l'issue de cette séance.

Au nom des 15 membres du Conseil, ce dernier a exprimé sa sympathie ainsi que ses condoléances aux familles des victimes et au peuple et au gouvernement du Royaume-Uni.

« Il est important, à cette heure, de transmettre un message vigoureux à l'encontre de ceux qui ont commis ces actes injustifiables. Ils doivent savoir que la communauté internationale est déterminée plus que jamais à lutter collectivement contre le fléau du terrorisme, qui constitue une menace sérieuse à la paix et à la sécurité internationale ».

Prenant la parole à la suite du président du Conseil de sécurité, Emyr Jones Parry, Représentant permanent du Royaume-Uni à l'ONU, a rappelé que « Londres aurait dû se réveiller ce matin dans la joie, après les bonnes nouvelles d'hier ». « A la place, elle s'est réveillée dans le carnage ».

« Londres, une des villes les plus internationales du monde, où sont 300 langues sont parlées et où vivent des citoyens de plus de 200 nationalités », a-t-il rappelé.

Selon les informations parues dans la presse, les attentats auraient fait 40 morts et près de 700 blessés.

image• Retransmission de la déclaration à la presse du Président du Conseil de sécurité et du Représentant du Royaume-Uni [3mins]

Pour sa part, la représentante des Etats-Unis, Anne Patterson, a indiqué devant la presse que ces événements devraient conduire à revigorer les efforts de l'ONU pour lutter contre le terrorisme, indiquant que le président de la Sixième Commission, la commission juridique de l'Assemblée générale, se réunirait pour des consultations.

Elle a estimé que le Conseil de sécurité disposait déjà d'outils suffisants dans ce domaine, mais qu'il faudrait adopter enfin une convention générale, qui fait l'objet de négociations depuis au moins 7 ou 8 ans et qui achoppe sur la définition même du terrorisme.

Dans son rapport intitulé « Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et droits de l'homme pour tous », Kofi Annan exhortait les Etats membres à adopter, au titre des mesures essentielles pour préserver la sécurité collective, une convention générale contre le terrorisme.

« Depuis trop longtemps, les efforts aux Nations Unies pour lutter contre ce phénomène brutal ont été affaiblis par l'absence d'une convention d'ensemble sur le terrorisme, fondée sur une définition claire et reconnue par tous », avait déclaré le Secrétaire général le 23 mars dernier, lors d'une allocution devant la Ligue des Etats arabes, où il avait rendu hommage aux travaux du Groupe de personnalités de haut niveau, pour parvenir à une définition dans son Rapport sur les menaces, les défis et le changement du Groupe de personnalités de haut niveau.

Dans son propre rapport, le Secrétaire général indiquait souscrire entièrement « à l'appel lancé par le Groupe de personnalités tendant à ce que la définition du terrorisme qualifie de terrorisme tout acte, outre ceux déjà visés par les conventions en vigueur, commis dans l'intention de causer la mort ou des blessures graves à des civils ou à des non-combattants, dans le dessein d'intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir un acte ou à s'abstenir de le faire ».

Abordant le point sur lequel achoppe les négociations, le Secrétaire général avait rappelé : « Nous n'avons pas besoin de débattre du fait que les Etats peuvent être coupables de terrorisme, parce que l'usage délibéré de la force contre des civils, par des Etats, est déjà clairement interdit et condamné par le droit international » et le Groupe de personnalités de haut niveau a clairement indiqué « que le droit de résister à l'occupation ne peut comprendre le droit de tuer ou de blesser des civils ».

« Des causes légitimes ne peuvent être promues par des moyens illégitimes », avait rappelé le Secrétaire général.

- Dossier Lutte contre le terrorisme du site de l'ONU

 

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