Côte d'Ivoire : à Bouaké, l'Envoyé de l'ONU appelle à « prendre des risques pour la paix »

16 juin 2005

« Il faut prendre des risques pour la paix », a déclaré hier l'Envoyé de l'ONU en Côte d'Ivoire, au cours d'un entretien avec les dirigeants des Forces Nouvelles, ex-forces rebelles, qui ont fait part de leur « scepticisme » quant à la tenue d'élections le 30 octobre prochain.

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire, Pierre Schori, était arrivé à Bouaké accompagné des membres du Comité de suivi de l'accord de Linas-Marcoussis, de son Représentant spécial adjoint en charge des affaires humanitaires, Abdoulaye Mar Dieye, du Commandant de la force de l'ONUCI, le Général Abdoulaye Fall, et de plusieurs proches collaborateurs, indique l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ) dans un communiqué publié hier à Abidjan.

Au cours d'un entretien entre les membres du Comité de suivi de l'accord de Linas-Marcoussis et des responsables des Forces Nouvelles, ces dernières « ont fait part de leur scepticisme quant à la tenue possible des élections au 30 octobre 2005 », précise le communiqué.

Le directeur de cabinet du secrétaire général des Forces Nouvelles, Ahmadou Koné, a également fait valoir « qu'aucune date butoir n'avait été prévue pour les élections dans l'Accord de Linas-Marcoussis et que cette date du 30 octobre 2005 avait été unilatéralement décrétée par le Président Laurent Gbagbo ».

Pour sa part, le Secrétaire général adjoint des Forces Nouvelles a estimé « qu'en dépit d'une implication accrue des Nations Unies dans l'organisation des élections, les véritables raisons de la crise ivoirienne, à savoir le problème de l'identification, persistaient ».

Face au scepticisme des Forces Nouvelles, le Représentant spécial a rappelé que le processus électoral bénéficiait désormais de garanties fournies par la dernière résolution 1603 du Conseil de sécurité, que la sécurité des personnalités politiques avait été prise en compte, avant d'insister sur le fait que le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion devait à présent aller de l'avant.

Pierre Schori a indiqué que le Secrétaire général, Kofi Annan, ferait rapport au Conseil de sécurité le 22 juin prochain sur les derniers développements de la crise ivoirienne et qu'une nouvelle résolution devrait être adoptée quatre jours plus tard.

 

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