Kosovo : la « grande déception » de la MINUK quant à la faible participation des Serbes

20 décembre 2004

A l'occasion de la première visite d'un représentant de Belgrade au Kosovo depuis la formation du nouveau gouvernement, l'Envoyé de l'ONU a fait part de sa grande déception quant à l'incapacité des autorités de Belgrade à encourager les Serbes du Kosovo à participer à la vie politique, à l'heure où la promulgation de la loi sur le recensement devrait permettre de mieux adapter les politiques au niveau local.

Le chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) en l'absence de Søren Jessen-Petersen, Larry Rossin, a reçu hier le Président du Centre de coordination de la Serbie-et-Monténégro pour le Kosovo, Nebojsa Covic, en visite au monastère de Gracanica à l'occasion de la Saint Nicolas, indique un communiqué de la Mission paru le 19 décembre.

« C'était la première visite d'un haut représentant de Belgrade depuis l'entrée en fonctions du nouveau gouvernement, élu démocratiquement, avec à sa tête le Premier Ministre Ramush Haradinaj », indique le communiqué.

Larry Rossin, qui occupe le poste de Représentant spécial adjoint principal, a fait part à Nebojsa Covic des préoccupations de la MINUK concernant son programme avec Belgrade, notamment « la grande déception [du Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo, Søren Jessen-Petersen] quant à l'incapacité des autorités de Belgrade à encourager les dirigeants de la communauté serbe du Kosovo à participer à la vie politique du Kosovo, notamment au sein de Groupe de travail pour la réforme des autorités locales et du Groupe consultatif sur la sécurité.

Lors de son évaluation de la situation au Kosovo devant le Conseil de sécurité, le 29 novembre dernier, le Représentant spécial avait réitéré un appel aux Serbes du Kosovo pour qu'ils participent aux processus démocratique et souligné l'importance de la reprise d'un dialogue direct entre Pristina et Belgrade (voir notre dépêche du 29 novembre 2004).

Larry Rossin a aussi fait part de la préoccupation exprimée par les représentants du Groupe de contact, c'est à dire le groupe de pays occidentaux, l'Allemagne, les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Royaume-Uni et la Russie, qui ont été parties prenantes au règlement de la crise yougoslave, qui s'est réuni à Pristina le 16 décembre dernier.

Le Groupe de contact a engagé les autorités serbes à saisir la main tendue par le Gouvernement, qui a exprimé sa volonté de travailler avec les dirigeants des minorités, indique la MINUK.

Au lendemain de cette annonce, le Représentant spécial s'était félicité de la décision de la Commission européenne d'apporter une contribution de 23,9 millions d'euros pour soutenir l'action du Gouvernement du Kosovo (voir le communiqué de la MINUK).

Le chef de la MINUK par intérim a en outre appelé le représentant de Belgrade à remettre en place le Groupe de travail sur les personnes disparues.

« Lier cet impératif humanitaire à des questions sans rapports ne fait que priver les familles victimes du conflit, dans toutes les communautés, de la possibilité de faire le deuil et de trouver la consolation », a-t-il rappelé.

Par ailleurs, la MINUK informe que Søren Jessen-Petersen a promulgué la loi sur le recensement, « ouvrant la voie à des préparatifs pour l'organisation de ce processus important pour le développement économique et social du Kosovo », indique un communiqué paru aujourd'hui.

La loi sur la population et le recensement de la population du Kosovo, prévoit que le recensement fournira des informations sur la distribution géographique de la population et sur son importance, ainsi que sur la structure démographique et les caractéristiques socio-économiques de la population et des habitations, indique la MINUK, qui précise que ces données permettront de mieux adapter les politiques locales.

 

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