Migrations : les femmes victimes d'injustices criantes, selon un rapport de l'ONU

14 décembre 2004

Des dispositions juridiques discriminatoires dans les lois relatives à l'émigration des femmes à la disparité de protection physique ou au trafic d'être humains, un rapport du Secrétaire général sur les femmes et la migration internationale fait état d'un grand nombre d'inégalités entre les hommes et les femmes.

« Bon nombre de lois nationales relatives à l'émigration comportent des dispositions discriminatoires qui nuisent à la protection des femmes migrantes », indique un rapport du Secrétaire général sur « les femmes et les migrations internationales » rendu public le 13 décembre.

« Il s'agit par exemple des dispositions qui interdisent aux migrants de faire venir leur mari ou enfants [?], qui les oblige à se soumettre à des tests de grossesse, interdisent l'émigration de femmes qui n'ont pas obtenu la permission de leurs tuteurs et imposent des limites d'âge pour l'immigration ou l'émigration des femmes et des filles », explique le rapport intitulé « Étude mondiale sur le rôle des femmes dans le développement : les femmes et les migrations internationales ».

« Les femmes et les jeunes filles réfugiées rencontrent des difficultés particulières en ce qui concerne leur protection physique et juridique », indique également le rapport.

Sur le marché de l'emploi, le taux de chômage est généralement supérieur chez les femmes migrantes. « Les femmes migrantes tendent à avoir des salaires plus faibles que les migrants mâles et les salariés d'origine locale », souligne l'étude.

Par ailleurs, alors que « la traite des personnes à des fins de prostitution et de travail forcé est l'un des domaines croissant d'activités criminelles internationales » le rapport du Secrétaire général précise que « les femmes victimes de la traite peuvent être amenées à croire qu'elles travaillent pour des occupations légitimes, mais se trouvent forcées à se prostituer, à se marier, à faire des travaux domestiques ou à travailler dans des ateliers clandestins ou sont victimes d'autres types d'exploitation qui constituent une forme moderne d'esclavage ».

Parmi les recommandations préconisées par le rapport pour améliorer la situation des femmes migrantes, réfugiées et celles victimes de trafics, figurent notamment la ratification et le suivi de la mise en oeuvre de tous les instruments juridiques internationaux qui visent à promouvoir et à protéger les droits des femmes et des jeunes filles migrantes.

Le rapport recommande aussi le lancement de programmes d'éducation pour informer les femmes migrantes de leurs droits.

Selon les dernières statistiques recueillies au cours de l'étude, 49% de tous les migrants internationaux étaient des femmes ou des jeunes filles et la proportion des femmes parmi les migrants internationaux avait atteint 51 % dans les régions plus développées.

 

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