Libéria : les réfugiés de Côte d'Ivoire de plus en plus nombreux confrontés à la pénurie

19 novembre 2004

Craignant la reprise des combats entre forces gouvernementales et rebelles, plus de 13 000 personnes, dont des Libériens exilés, ont fui la Côte d'Ivoire vers une région frontalière du Libéria, difficile d'accès et dépourvue d' infrastructures détruites au cours de 14 ans de conflits, où elles sont confrontées au manque d'eau potable et de nourriture.

Des milliers de personnes, le long de la frontière entre le Libéria et la Côte d'Ivoire, ont un besoin urgent de sécurité, de nourriture, d'eau et de médicaments, indique aujourd'hui un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) (en anglais) qui prévient que la fourniture de l'assistance est entravée par le mauvais état des infrastructures dans cette zone.

« Près de 13 000 personnes sont arrivées dans l'Ouest du Libéria (carte), fuyant la Côte d'Ivoire (carte), ces deux dernières semaines, le long des 45 Km marqués par la rivière Cestos (voir notre dépêche du 16 novembre 2004).

Plus de 10 000 d'entre eux ont été identifiés comme des réfugiés ivoiriens, tandis que 900 autres sont des Libériens ayant jusqu'alors vécu en exil en Côte d'Ivoire, indique le HCR, qui a installé deux centres de transit à Butuo et à Logatuo et qui ouvrirait un centre à 35 Km de la frontière si la situation empirait.

Selon le communiqué, de nombreux réfugiés ont indiqué à l'agence de l'ONU qu'ils fuyaient de crainte que les combats ne reprennent entre les forces gouvernementales et les rebelles, certains ayant entendu des coups de feu, d'autres ayant voulu échapper à la conscription par les troupes gouvernementales.

« L'eau et la sécurité font partie des deux urgences prioritaires », a déclaré le porte-parole du HCR, Ron Redmond, lors du point de presse (en anglais) organisé au Siège de l'ONU à Genève, ajoutant qu'en l'absence d'eau potable la population buvait l'eau des ruisseaux. Par ailleurs, « il n'y a pas, en tout cas pour l'instant, de présence de la police nationale le long de la frontière » qui reste par conséquent poreuse.

Pour sa part, la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, Christiane Berthiaume, a indiqué que l'agence avait été en mesure de reprendre une partie de ses distributions de nourriture ces derniers jours.

Concernant le Libéria, elle a informé que le PAM aurait besoin de 18,7 millions de dollars, d'ici à la fin du mois de mars, pour aider les réfugiés et les personnes déplacées à l'intérieur du territoire à rentrer dans leurs foyers.

Ron Redmond a aussi souligné que la nourriture et les médicaments faisaient déjà défaut au Libéria à la population libérienne avant le récent flux de réfugiés et que les besoins étaient urgents. « La fourniture de l'assistance et de la nourriture constitue un défi énorme dans une zone qui manque totalement d'infrastructure et où les routes et les ponts ont été détruits par 14 ans de conflits ».

En conséquence, indique le HCR, l'assistance humanitaire devra être livrée par hélicoptère, tandis qu'une équipe inter institutions des Nations Unies et des organisations non gouvernementales (ONG) mène une évaluation technique sur la meilleure façon de répondre aux besoins des réfugiés et de la population locale.

Malgré l'apaisement des derniers jours, la situation reste incertaine en Côte d'Ivoire (voir notre dépêche de ce jour).

 

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