Stratégie contre le sida au Vietnam, un modèle selon l'ONUSIDA

Stratégie contre le sida au Vietnam, un modèle selon l'ONUSIDA

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Réagissant à l'appel lancé en juillet à la Conférence de Bangkok sur le sida, le Vietnam vient d'adopter une stratégie nationale, citée en modèle pour son caractère scientifique et progressif par l'agence de l'ONU contre le sida, qui souhaite cependant qu'elle prenne en compte les besoins spécifiques des femmes, de plus en plus touchées par la maladie.

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a félicité le Gouvernement du Vietnam de l'adoption d'une stratégie nationale de prévention du VIH/sida fondée sur des preuves scientifiques et progressives, indique aujourd'hui un communiqué de l'agence.

La directrice exécutive de l'agence, Kathleen Cravero, a réaffirmé l'engagement de l'ONU et de la communauté internationale à soutenir le développement et la mise en oeuvre de stratégies nationales contre le sida : « En adoptant la stratégie nationale de lutte contre le sida, le Premier ministre Phan Van Khai a mis l'accent sur la nécessité d'agir de façon urgente pour contenir la croissance de l'épidémie de sida au Vietnam ».

« C'est une excellente stratégie nationale, qui peut servir de modèle pour d'autres pays de la région et du monde », a déclaré Mme Cravero devant le Premier ministre adjoint, Pham Gia Khiem.

Selon le ministère de la santé du Vietnam, près de 215 000 personnes étaient touchées par la maladie à la fin de l'année 2003, ce qui veut dire qu'elle affecte près d'un foyer sur 75, « une tragédie pour le Vietnam et pour des centaines de milliers de famille à travers le pays », souligne Mme Cravero.

Le pays reçoit à l'heure actuelle un financement de donateurs internationaux, dont les Etats-Unis et l'Union européenne, la Banque mondiale et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial), rappelle ONUSIDA, qui encourage ces derniers à accroître leur aide aux ministères du travail, des invalides et des affaires sociales ainsi que de l'éducation et de la formation.

La stigmatisation et la discrimination contre les personnes atteintes du sida représente un problème croissant au Vietnam, indique Mme Cravero, qui souligne que « la récente visite du Président Tran Duc Luong à des personnes atteintes du VIH était une étape importante dans la lutte contre la stigmatisation ».

« La stigmatisation et la discrimination à l'égard des personnes atteintes du VIH reste, avec l'inégalité des sexes, la plus grande entrave à la prévention du sida en Asie du Sud-Est », prévenait ainsi ONUSIDA lors du Sommet de Bangkok (voir notre dépêche du 13 juillet 2004).

Le communiqué d'ONUSIDA souligne qu'un nombre croissant de cas d'infection concerne les femmes, sur qui pèse aussi le poids des soins et du soutien des familles. Le Programme souhaite que la stratégie nationale vietnamienne prenne en compte les besoins spécifiques des femmes en la matière, notamment la violence domestique, l'absence de droits et l'accès limité à l'éducation et aux services dans le domaine du sida qui leur est offert, autant de facteurs qui contribuent à la propagation de l'épidémie.