Enthousiasme tranquille des Afghans qui ont commencé à se rendre aux urnes

9 octobre 2004

En Afghanistan, à 9 h 30 ce matin, heure de Kaboul, alors que les élections avaient commencé depuis un peu plus de deux heures, un point de presse de la Mission de l'ONU faisait état d'attaques limitées contre des postes de police et l'armée, d'un problème d'encre indélibile destinée à marquer les électeurs ayant déjà voté mais aussi de « l'enthousiasme tranquille » des électeurs se rendant aux urnes.

En Afghanistan, à 9 h 30 ce matin, heure de Kaboul, alors que les élections avaient commencé depuis un peu plus de deux heures, un point de presse de la Mission de l'ONU faisait état d'attaques limitées contre des des postes de police et l'armée, d'un problème d'encre indélibile destinée à marquer les électeurs ayant déjà voté mais aussi de « l'enthousiasme tranquille » des électeurs se rendant aux urnes.

Alors que les bureaux de vote ont ouvert leurs portes ce matin comme prévu dans l'ensemble de l'Afghanistan, à l'exception de celui de Nouristan qui n'a pu ouvrir en raison d'une inondation, les électeurs étaient déjà nombreux à se rendre aux urnes, le premier ou plutôt la première d'entre eux étant une jeune fille de 19 ans, Muqadasa Sidiqi, qui a voté à Islamabad au Pakistan où la possibilité en était offert aux résidents afghans, a indiqué lors d'un premier point avec la presse, le porte-parole de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), Manoel de Almeida e Silva.

Le porte-parole du ministère de la Défense afghan, Zaher Azimi, a par ailleurs fait le point sur la situation au plan de la sécurité, une des préoccupations majeures pesant sur ces élections, indiquant qu'environ une heure aupavant, une attaque avait été lancée contre l'Armée nationale afghane (ANA) « à l'extérieur de l'anneau de sécurité de Kaboul » et que quatre personnes avaient été blessées dont trois de l'ANA.

Il a indiqué qu'une attaque au lance-grenade avait eu lieu à l'extérieur de la ville de Farah (carte) mais n'avait fait aucune victime.

« Comme cela avait été décidé, les forces de sécurité sont stationnées à 200, 400 ou 600 mètres des bureaux de vote », a rappelé Zaher Azimi qui a précisé qu'à ce stade, les élections se déroulaient normalement.

Quant au porte-parole du ministère de l'Intérieur, Lutfullah Mashal, il a indiqué qu'après « une nuit très tranquille et très paisible », seulement troublée par des attaques mineures contre des stations de police, «les élections avaient très bien commencé.»

Il a ajouté que deux bombes de gros calibre avaient été saisies dans la province de Kandahar et que plus de quinze engins explosifs artisanaux avaient été apportés aux forces de l'ordre par la population ou avaient été découverts.

« Un garçon de 15 ans a dénoncé un fabricant d'engins explosifs la nuit dernière dans la province de Paktika », a indiqué le porte-parole qui a précisé que l'explosion qui avait été signalée à Mazar provenait d'un accident, un réservoir de carburant ayant explosé à proximité de la station-service de Mainama dans la province de Faryab.

Le porte-parole de la MINUK a par ailleurs fait le point sur une question qui a mobilisé le JEMB [acronyme anglais désignant l'Organe mixte d'administration des élections] et l'attention générale, très tôt ce matin à Kaboul : le marquage à l'encre indélébile des électeurs, destiné à empêcher les votes multiples.

Dans un premier temps, des informations en provenance de certains bureaux de vote semblaient indiquer que l'encre en question s'avérait à l'usage très peu indélébile.

Après vérification, il est apparu que le personnel de certains bureaux de vote utilisait les marqueurs destinés à cocher les bulletins pour estampiller les mains des électeurs au lieu du marqueur approprié dont l'encre demeure sur la peau même après des lavages répétés.

« Le problème s'est produit non seulement à Kaboul mais dans différents secteur du pays », a indiqué Manoel de Almeida qui a ajouté cependant que, dès avant 9 heures ce matin, les informations qui ont commencé à arriver des provinces de Kapisa, Parwan, Panjshir et Wardak, indiquaient que l'erreur avait été corrigée.

Il s'est dit confiant qu'il en irait de même dans les autres bureaux de vote et a précisé que le JEMB leur avait envoyé des instructions dans ce sens et avait décidé de poursuivres les élections.

Reg Austin, un Conseiller confirmé du JEMB, a souligné qu'il s'agissait de problèmes qui avaient à voir avec une défaillance dans le processus de formation, que cela s'était déjà produit ailleurs, et qu'il fallait « s'estimer heureux que d'autres types de problèmes liés à la sécurité nous aient pour l'instant été épargnés.»

Farook Wardak, directeur du Secrétariat électoral du JEMB, a pour sa part fait remarquer que 21 000 personnes avaient reçu une formation pour préparer cette journée et que, même si des erreurs avaient été effectuées dans quelques secteurs de l'Afghanistan parce qu'ils n'étaient jamais que « des êtres humains capables d'erreurs », il était extrêmement fier de « sa grande nation » et du nombre d'électeurs qui se rendaient aux urnes avec un « enthousiasme tranquille. »

Certains des 18 candidats en lice ont cependant demandé à ce que les élections soient suspendues, a confirmé, en réponse à une question des médias, Julian Type, un expert du Secrétariat du JEMB, qui a indiqué ne pas connaître leur identité.

Il a précisé que, compte tenu du fait que les cartes d'électeurs étaient perforées lors du vote, la seule façon pour une même personne d'effectuer des votes multiples était de posséder deux cartes électorales.

« Il y a eu des allégations à cet égard », a-t-il ajouté, « mais l'étendue du problème, s'il existe, n'est pas connue pour l'instant. Je suis sûr que le JEMB prendra de telles possibilités en compte lorsqu'il décidera s'il peut ou non certifier la conformité des élections », a-t-il ajouté.

 

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